Liam Hayes and Plush – Le Pop up du Label, Paris

Je pense que pas mal de mes lecteurs ne le savent pas donc petite précision liminaire : Plush, c’est lui

a0659577956_10
Eh non, c’est pas moi sur mon avatar.
Plus exactement, il s’agit de la pochette de l’album qui l’a rendu « célèbre », Fed (je reviendrai une autre fois et en détails sur le pourquoi des guillemets).

Il semble avoir abandonné son alias, passant progressivement de Plush à Liam Hayes and Plush et désormais Liam Hayes tout court pour son dernier album, Slurrup.

Tout ça pour dire, puisque le mec fait partie des mes héros absolus depuis pas mal d’années, que ma carte bleue n’a fait qu’un tour lorsqu’il y a 1 mois environ j’ai vu qu’il jouait à Paris le 16 janvier.
J’en revenais pas bordel… Neil Young tourne régulièrement, Brian Wilson, Paul Mac Cartney aussi, plus ou moins… Disons que je sais que je peux les choper un jour ou l’autre (cette possibilité faiblit chaque année évidemment…), en tout cas, j’en ai déjà eu l’opportunité. Tout comme Belle and Sebastian ou Wilco pour citer 2 groupes que je souhaite ardemment voir sur scène un jour. Mais Liam Hayes… Il donne peu de concerts, encore moins en Europe, et il me semblait bien qu’en 20 ans de carrière, c’était la 1ère fois qu’il jouait en France (j’en ai eu la confirmation).

Le concert avait lieu au Pop Up du Label, restaurant-bar-salle de concert proche de la gare de Lyon.
Première partie assurée par les parisiens de Clint Is Gone, dont les amis et la famille remplissaient la salle aux 3/4 (je n’exagère pas). Folk-pop sympathique… Bon, ok je me suis fait chier. A ma décharge, tu m’aurais mis n’importe qui, je me serais fait chier aussi tellement j’étais impatient. Je dois avouer qu’ils étaient plutôt bien en place et que leurs compositions ne manquent pas de savoir-faire sinon de charme. Public très enthousiaste donc, ça a du leur faire chaud au cœur.

Mais du coup, quand vient le moment pour Liam Hayes de prendre la scène avec son imposant et débonnaire bassiste et son batteur évadé des Small Faces… ben tout le monde ou presque s’en fout et se rapatrie vers l’arrière de la salle : sans exagérer là encore, je pense qu’on devait être une 30aine, et encore (sur 200 à la louche), à être vraiment là pour lui (dont le grand Mehdi Zannad aka Fugu, aux premières loges). Ca me rend triste ce genre de choses, sachant que le mec fait partie selon moi des tout meilleurs orfèvres pop actuels et que sa carrière chiffre déjà 20 ans d’ancienneté (mais je pourrais justement dire la même chose au sujet de Mehdi Zannad qui lui aussi continue d’évoluer dans une scandaleuse confidentialité).

Bon, que dire? De toutes façons, je manque totalement d’objectivité, ce mec me fascine. Sa carrière, ses disques, ses compositions, en elles-mêmes puis à cause de l’importance qu’elles ont prises dans ma vie quel que soit l’enrobage qu’il a choisi de leur donner (piano-voix du petit matin, soul-pop tordue, soul-pop gouleyante, pop canonique, power pop). On touche ici à l’intime, à l’inexplicable, à l’irrationnel même, au fait que CETTE chanson, CE film, va résonner en toi au moment M, créer un cataclysme émotionnel et t’accompagner, tu le sais, pour le restant de ta vie. Et quand ces chansons (ou ces films) se multiplient chez le même artiste, on en arrive à mettre Liam Hayes sur le même plan que Sean O’Hagan, Neil Young, Wes Anderson ou Clint Eastwood dans son panthéon.

Pour en revenir à son art, le voir et l’entendre jouer ses compositions de la sorte (en trio guitare-basse-batterie) a révélé si besoin était, leur caractère unique de chansons certes aimables, foncièrement pop, mais pleines de chausses-trappes car basées sur des accords et des suites d’accords complexes (ces lignes de guitare de malade nom de Dieu…). C’était particulièrement flagrant sur les titres de Fed, son album le plus orchestré : joués de manière quasiment dépouillée en comparaison de l’album, elles révélaient encore d’insondables richesses.
Tu l’auras compris : c’était absolument génial puisqu’en même temps, très simple, très bonhomme, très joyeux et très dansant. Comme lu récemment, Liam Hayes est un artiste culte pour artiste culte mais c’est aussi quelqu’un qui compose des chansons que tout un chacun peut aisément fredonner : ce ce que son concert a encore démontré, et de quelle manière !
La set list ci-dessous :

20150117_102202
C’était d’ailleurs la 1ère fois que je récupérais la setlist d’un concert. Je vais la faire encadrer (je suis sérieux).

Il a joué des titres de tous ses albums, en privilégiant bien entendu le dernier, très power pop, qui se prête donc particulièrement à ce traitement scénique direct et nerveux. Mais les titres de Fed nom de Dieu (Whose Blues, I’ve Changed My Number)…

Une heure de concert je dirais, j’ai pas fait gaffe, c’est passé en un clin d’oeil.
A la sortie, il était à la table de merchandising, j’en ai donc évidemment profité pour acheter son dernier album sorti quelques jours auparavant à peine, me le faire dédicacer et lui dire tout le bien que je pense de lui.

20150117_102135
Instant groupie très embarrassant sur lequel je jetterai un voile pudique.
J’étais vraiment très ému, c’était un très très grand moment pour moi ce concert.

20150116_231244

Publicités

La session de rattrapage 3

A la faveur d’une  BVGDM (Bonne Vieille Grippe De Merde), je me suis enquillé plusieurs films dispensables dans la semaine. « Dispensables » ou que je n’étais pas spécialement impatient de voir parce que tu comprends, quand on a la grippe ie qu’on est à l’article de la mort, on est pas dans les meilleures dispositions pour découvrir Citizen Kane ou Pierrot le Fou.
Je vais le faire en 2 fois parce que j’ai été malade toute une semaine, j’ai donc vu plein de flims.

Kick Ass 2

J’avais bien aimé le 1er, sans doute dans un excès d’indulgence. J’en ai un vague souvenir de croisement entre le teen et le vigilante movie, avec suffisamment de recul et d’ambiguïté à la fois pour rendre le truc intéressant. Un film d’action smartass et bien rythmé quoi.
Cette suite est totalement merdique, vulgaire, sale et irresponsable. A oublier, et c’est d’ailleurs déjà fait.

Jim Carrey et son pseudo-accent italo-américain font peine à voir/entendre
Jim Carrey et son pseudo-accent italo-américain font peine à voir/entendre


Prisoners

Ca c’est nettement plus intéressant. Parce que c’est bien foutu, déjà. Ca se suit sans sourciller, la mécanique du thriller tourne de manière harmonieuse même si le film est beaucoup trop long. C’est intéressant aussi de constater comment le réalisateur, Denis Villeneuve, sous couvert d’une intrigue à suspense et à rebondissement donc, fait potentiellement passer des idées douteuses sur la justice et l’auto-justice. « Potentiellement » car on ne sait pas bien si c’est de l’irresponsabilité là encore, de la maladresse où s’il s’agit d’une démarche consciente. Bon, on n’est pas chez Eastwood ou Friedkin non plus hein, ça reste du cinéma hollywoodien calibré pour créer de l’émotion instinctive. Mais c’est pas mal, ça se regarde quoi. Jackman est bien, Gyllenhaal toujours un peu trop juvénile pour le rôle.

Ca se voit pas là mais Gyllenhaal a la coupe de Diego Simeone
Ca se voit pas là mais Gyllenhaal a la coupe de Diego Simeone

Le Prénom

J’avais pas encore vu ce petit phénomène de société car je savais pertinemment à quoi m’attendre et je n’ai pas été déçu : du théâtre filmé où chaque acteur a droit à son moment de bravoure, où chacun attend patiemment que l’autre ait fini de dire sa réplique avant de balancer la sienne. Ca m’a beaucoup fait penser, en beaucoup moins sympathique et beaucoup moins drôle, au mineur mais un peu culte Cuisines et dépendances (l’une des premières créations de BacriJaoui dans les années 90). Sauf  que si ce dernier est évidemment de gauche, jetant un regard tendre sur tous ses protagonistes, même les plus pathétiques, Le Prénom penche clairement à droite. Quel mépris pour les personnages (notamment le couple d’intellectuels de gauche), quel cynisme : le seul moment un peu touchant (la révélation et le récit de l’histoire d’amour cachée) se voit immédiatement flingué, ridiculisé de manière extrêmement violente (y compris diégétiquement bien sûr, pour ceux qui ont vu le film).
Ce passage est d’ailleurs intéressant (je vais spoiler mais tout le monde l’a vu ce film de toutes façons n’est-ce pas?):  lorsque Guillaume de Tonquedec raconte son secret, ménage le suspense et qu’on commence donc à imaginer qu’il se tape la femme de Bruel, des inserts, très brefs, images mentales des autres convives autant que les nôtres, les montrent dans des ébats sauvages et enflammés. Et lorsqu’on apprend que c’est en fait avec Françoise Fabian qu’il vit une histoire secrète, pas d’inserts évidemment, c’eut été jugé trop choquant, déplacé : je suis SÛR que des cinéastes moins frileux, moins tiédasses ne se seraient pas privés d’un tel effet comique et donc de filmer ces quelques plans un peu crades (j’ai pensé très fort aux Farrelly à ce moment là). Pour moi tout le film tient dans ce renoncement : un ton qui se voudrait incisif, sans concession mais qui n’est que conformiste. Au final, un film assez méprisable donc.

maxresdefault

Gemma Bovery

Le prototype du FDV, Film De Vieux. Cultureux, avec acteurs bien embourgeoisés dedans (qui mieux que Luchini dans cette catégorie?), provincial, rythme arthritique pour perdre personne en route etc. Le dernier vu dans la catégorie (Aimer, boire et chanter) s’était révélé vraiment fastidieux. Celui-ci se laisse suivre comme un téléfilm du samedi soir sur France 3 : dans une bienveillante mollesse donc. Ah la campagne normande… Ce vert, cette herbe grasse, ces vieilles fermes aux façades à colombages, ce bon pain… TRES IMPORTANT la bouffe dans les FDV : moments de convivialité, de discussion et de réparties amusées (« It’s strong » dit Gemma Aterton en goûtant le breuvage offert par Luchini; « It’s calva… » répond ce dernier, provoquant le sourire malicieux de milliers d’enseignants lecteurs de Télérama à la retraite). J’ai fait pause pour une bonne petite sieste d’1h au miyeu, impeccable. Sinon le film n’a évidemment aucun intérêt et se termine de manière particulièrement grotesque.

Bonjour Madame
Bonjour Madame

Gone Girl

David Fincher est, avec Christopher Nolan, le cinéaste dont j’ai décidé de ne plus aller voir les films en salle. J’ai craqué pour Nolan : me suis bien fait avoir encore une fois, je serai fort désormais.
Semi-craquage pour Fincher puisque j’ai vu le film chez moi. Et, là aussi, je le regrette amèrement. Je comprends pas. Je. Comprends. Pas. Qu’est-ce que que c’est que ce thriller misogyne de merde? Pardon, pas seulement misogyne : misanthrope aussi. Tant qu’à faire. Complètement con… Je parlais, au sujet d’Effets secondaires de Steven Soderbergh, de version de luxe des téléfilms de la série Hollywood Night. C’est, encore, exactement ça, encore plus même : ça chichite, ça transpire la thune, les « production values » comme disent les professionnels de la profession mais au service de quoi ? De rien. RIEN. Il veut dire quoi Fincher dans ce film? Je n’y ai vu qu’une longue pub ringarde (et misogyne/misanthrope donc). Et on compare ce mec à Kubrick ? Ca m’a mis en colère, tu l’auras compris. C’est toujours aussi moche en plus, avec ces filtres verdâtres de merde, cette fascination complaisante pour une sexualité d’un autre âge : faut il rappeler que ce mec a réalisé ces clips là (entre autres)? Soyons sérieux…

gone-girl-DF-01826cc_rgb.jpg

Top 10 cinéma 2014

Je préfère te prévenir même si tu le remarqueras très bien tout seul : ça sent la fatigue.

10. A most wanted man

Je lui préfère The American, précédent film d’Anton Corbjin également adapté d’un roman de John le Carré, pour son caractère plus intimiste voire minimaliste, pour le côté « italiano » du film, pour les Abruzzes, pour Clooney. Et bien sûr pour la sublime Violante « bonjour madame » Placido. A Most Wanted Man est un film plus « global », plus « mondialisé », plus manifestement ambitieux : son propos est de tenter de cerner en quoi, pour les services d’espionnage des plus grandes puissances occidentales, le 11 septembre 2001 a irrémédiablement changé la donne. Il le fait de très belle manière, très élégante, sans maniérisme ni manichéisme, avec beaucoup de justesse, d’intelligence et d’à propos. Corbijn choisit encore un cadre inhabituel et relativement peu utilisé au cinéma auparavant, la ville de Hambourg, après le petit village de Castelvecchio dans les Abruzzes donc. Et une nouvelle fois, il choisit d’aborder son histoire, aussi potentiellement lourde et ambitieuse soit-elle, sous l’angle de l’histoire d’un homme, seul, de son caractère trop humain justement et de son drame personnel. Que ce personnage soit interprété pour sa dernière apparition à l’écran il me semble, par l’excellent et regretté Philip Seymour Hoffman, le rend bien évidemment encore plus émouvant.

RIP
RIP


9.
Wrong cops

Il s’agit a priori d’une « récréation » pour Quentin Dupieux, avant son gros projet, Reality, sur lequel il bosse depuis plusieurs années il me semble. Il s’agit également d’un retour à la « comédie » pure après la tentative meta complètement foirée (détestable même) de Rubber. Et c’est peu dire que c’est jubilatoire : des petits films comme ça, supposément bâclés, tournés à la va-vite, on en redemande. De la part de Quentin Dupieux hein, pas Luc Besson. Super bo aussi, évidemment, genre de best of de Mr Oizo : ses disques, toujours passionnants, sont parfois à la limite du supportable (pour moi en tout cas); celui-ci est irrésistible et fait figure de porte d’entrée idéale.

Marylin Manson joue très bien la comédie.
Marylin Manson joue très bien la comédie.


8.
Une nouvelle amie

Bénéficie peut-être de l’atout fraîcheur puisqu’il est sorti en fin d’année mais non, je crois pas : c’est un très JF (Joli Film), un excellent FF (Film Français, tourné à l’étranger de surcroît, en l’occurrence au Canada) et un film QFA (Qualité Française Auteuriste) exemplaire. Le grand chelem. Pas sûr que ce soit un FT en revanche (Film Télérama), je parie qu’ils ont trouvé ça trop kitsch ou trop populaire. J’en parle succinctement ici. Accessoirement, il s’agit du 3ème film featuring Anaïs Demoustier, définitivement le Petit Chou Grande Remise 2014.

Ils sont censés avoir le même âge, c'est quand même un peu gros.
Ils sont censés avoir le même âge, c’est quand même un peu gros.


7.
La planète des singes : l’affrontement

Le blockbuster de l’année, tout simplement : spectaculaire et intelligent à la fois, il divertit et fait réfléchir, impressionne et questionne dans un même élan. Techniquement, c’est assez incroyable même si c’est évidemment accessoire : j’ignore si le choix de n’utiliser que des acteurs relativement  peu connus ou « modestes » (le plus célèbre étant Gary Oldman, pas vraiment une superstar hollywoodienne) relève d’un choix purement artistique et/ou économique mais il permet de laisser la vedette aux singes, beaux, émouvants, effrayants, sauvages, humains, bien sûr. Sur le fond, ce que dit le film sur la nature humaine, le pouvoir et son exercice, loin de tout manichéisme, angélisme ou à l’inverse cynisme, simplement avec lucidité et peut-être un certain fatalisme, me semble passionnant.

Un homme, un vrai.
Un homme, un vrai.


6.
Gaby Baby Doll

J’ai revu les Coquillettes et j’en suis toujours aussi fan. Gaby Baby Doll, « vrai » film en comparaison (au sens de « plus traditionnel »), perd sans doute en spontanéité et punkitude ce qu’il gagne en ampleur, profondeur et émotion. Mais la manière dont il le gagne est absolument magnifique : il s’agit ni plus ni moins d’une réinvention du conte de fées traditionnel avec cette fois un prince éploré et une princesse charmante. Doucement subversif donc, drôle et émouvant. Très émouvant même.

J'aimerais bien savoir s'il s'agit d'une vraie ou d'une fausse barbe
J’aimerais bien savoir s’il s’agit d’une vraie ou d’une fausse barbe


5.
22 Jump Street

Bon, ça c’est moins émouvant, c’est sûr. Mais quel pied putain… Ces 2 mecs (Phil Lord et Chris Miller) sont vraiment très brillants… C’est eux qui ont réalisé La Grande Aventure Lego aussi cette année, mince ! Costauds les mecs… Si le 1er (Lego movie donc) repose sur une connaissance et une utilisation sans faille de la culture pop la plus pointue et fédératrice à la fois, sans une once de démagogie ni de putasserie, celui-ci fonctionne sur une connaissance et une utilisation sans faille… du 1er volet (21 Jump Street donc), dont il est, au plan près, le remake absolument conscient, délibéré et constamment amusé. Aussi brillant au premier qu’au second degré, le film met également, et à nouveau, en lumière, l’incroyable alchimie entre Jonah Hill, pilier de la neo-comédie US, et Channing Tatum, ex-pilier des Chippendales. Y a une espèce d’osmose improbable entre les 2, assortie d’une émulation, et d’une complicité évidemment, évidentes, qui fait tout bêtement plaisir à voir.

22-Jump-Street-Hill-Tatum
Fucking geniuses


4.
Jacky au royaume des filles

J’en parle ici. J’en profite pour signaler que cette année, Riad Sattouf a également publié un nouvel ouvrage, L’Arabe du Futur (ce titre, déjà), absolument génial et indispensable. Cette BD, très différente de ce film, associée à lui, donne l’impression qu’il est en train d’atteindre une sorte de plénitude artistique et surtout, qu’il a encore beaucoup de films et livres grandioses, et différents les uns des autres, en lui. Enfin, j’en sais rien, peut-être que j’interprète complètement mais en tout cas j’ai hâte de découvrir ce qu’il nous réserve pour la suite, quel que soit le support.

L'instant Sopalin
Instant Sopalin


3.
Tonnerre

Ici. Très envie de le revoir, ce qui est en général très bon signe. Vincent Macaigne, sorte de Patrick Dewaere de la génération Y (dans ce film en tout cas), y atteint de nouveaux sommets.

Comment ne pas aimer ce mec ?
Comment ne pas aimer ce mec ?


2.
Dumb and Dumber De

Je me souviens très bien du jour où j’ai vu pour la 1ère fois Le Mépris. Peau d’Âne, Mulholland Drive aussi. Sueurs Froides, Le bon, la brute et le truand, 2001 l’odyssée de l’espace, Les Moissons du Ciel. Et Dumb and Dumber : un samedi matin, réveillé beaucoup trop tôt à mon goût de ma nuit d’étudiant glandeur et donc déjà posté à 9h du matin devant Canal Plus, en quête d’un film devant lequel prendre mon petit-déjeuner. Et là : Le Mépris. Peau d’Âne. Mulholland Drive, Sueurs Froides, Le bon, la brute et le truand, 2001 l’odyssée de l’espace, Les Moissons du Ciel. Pas moins. Une révélation. Une épiphanie. « Ah mais on peut faire ce genre de films? Avec cet humour là? ». Je m’en suis pas remis : TOUTE la comédie que j’aime aujourd’hui, et tu commences à savoir à quel point j’aime la comédie, vient de là.
Alors très exactement 20 ans après, quoi ? La joie, immense, à l’annonce de la mise en chantier de ce 2ème volet des aventures d’Harry et Lloyd, suivie aussitôt de la crainte évidemment : est-ce qu’ils (les Farrelly, Jim Carrey, Jeff Daniels) sont pas trop vieux maintenant ? Est-ce que cet humour n’a pas été enterré par sa géniale progéniture (la galaxie Apatow) ? Est-ce qu’ils ne vont pas jouer que sur la nostalgie du 1er volet ? Réponse, dans l’ordre : non, non et non. Dumb and Dumber De est tout simplement miraculeux : comme si le projet avait bénéficié d’un alignement de planètes, d’un état de grâce, d’une conjonction optimale d’ondes positives. Je n’en dirai pas plus : j’ai envie de citer 50 gags/répliques mais je n’en ferai rien pour ne rien dévoiler. Simplement, et c’était ma plus grosse crainte, les gags les plus débiles sont vraiment débiles (et drôles), les gags les plus élaborés sont vraiment génialement élaborés (et drôles), les gags les plus trash sont vraiment trash (et drôles), les clins d’oeil au 1er volet, à la fois parcimonieux et jubilatoires, en nombre pile poil suffisant, toujours traités de la plus belle des manières (le coup de la fourgonette-chien nom de Dieu MAIS QUELS PUTAINS DE GENIES). L’émotion, réelle, à la fois orchestrée et pudique, en prime. Émotion de retrouver ces 2 couillons ultimes 20 ans après, émotion de revoir les Farrelly au meilleur de leur forme, émotion de constater avec quel talent et quelle intelligence ils ont traité ce projet sacrément casse-gueule, émotion d’une histoire plus « profonde » qu’il n’y parait (le bonus par rapport au 1er volet) qui ne touchera donc pas uniquement les fans de la 1ère heure. Jim Carrey, totalement déchaîné, (re)trouve là son meilleur rôle depuis un bail. Jeff Daniels, plus en retrait, est génial lui aussi. Peter et Bobby Farrelly, merci, merci, merci. AESD ❤

Toutes les scènes sur la route sont absolument gé-nia-les
Toutes les scènes sur la route sont absolument gé-nia-les


1.
The Grand Budapest Hotel

Eh oui, je suis prévisible. Mais j’ai d’autant plus envie d’aimer et défendre ce film qu’il n’a pas fait l’unanimité. En effet, pour beaucoup, de plus en plus nombreux, Wes Anderson ferait TOUJOURS le même film et ça commencerait à bien faire justement. Attention, gros scoop : la réponse est oui, il fait toujours le même film. Dingue. Comme Brian de Palma (pour prendre un exemple contrastant à l’extrême) ou comme les High Llamas, qui eux enregistrent toujours le même disque (pour prendre un exemple un peu plus approprié). Mais comme toujours, ceux qui savent, savent. Qu’il s’agit là de son film le plus raffiné, le plus élégant, le plus précieux. Mon Dieu quelle merveille. Cet homme, Wes Anderson, possède un goût absolument infaillible (et je m’y connais). Non mais quelle élégance encore récemment pour la cérémonie des Golden Globes ! Musique, costumes, décors, accessoires, dialogues : c’est toujours absolument délicieux et c’est l’épitomé du style Grande remise si tant est qu’il y en ait un (enfin, I wish…). Et cette préciosité, ce raffinement, ce souci du détail, n’ont jamais été aussi justifiés qu’ici, dans cette magnifique histoire de transmission (comme TOUJOURS chez lui, oui, tout à fait) et ce manifeste sincère et désabusé à la fois pour un monde plus beau. Dire des choses aussi profondes, aussi essentielles et les dire avec une telle élégance, une telle pudeur, m’a, une nouvelle fois, bouleversé.
« To be frank, I think his world had vanished long before he ever entered it – but, I will say: he certainly sustained the illusion with a marvelous grace ».

The-Grand-Budapest-Hotel-Wes-Anderson-13

Top 2014 – cinéma – j’ai aimé – 2ème partie

1ère partie de mes « j’ai aimé » ici

23. Arrête ou je continue

C’est un beau film, beau et dur à la fois, sur la fin d’un couple qu’on imagine, où plutôt dont on imagine, que son entourage le jugeait indestructible. La réalisatrice, Sophie Fillières, vise toujours juste, que ça soit dans les scènes de couple justement ou les scènes où chacun se retrouve de son côté. Mais de toutes façons la partie était gagnée dès le choix des comédiens : non seulement les acteurs les plus emblématiques de la QFA (Qualité Française Auteuriste) mais surtout les inoubliables Esther et Paul d’Arnaud Desplechin dans Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle). Difficile de ne pas y penser, et de ne pas être ému, en voyant Emmanuelle Devos et Mathieu Amalric évoluer à nouveau ensemble 20 ans plus tard.

Le tournant du match
Le tournant du match


22. Abus de faiblesse

Pas le meilleur Breillat, loin s’en faut mais cette histoire vraie (ou plutôt vécue par la réalisatrice) me fascine assez et j’ai beaucoup de sympathie pour Kool Shen (alors que Joey Starr et sa nouvelle respectabilité cinématographique me débectent). Ici.

21. Tristesse club

Ca aurait sans doute pu être encore mieux mais en l’état c’est déjà très chouette. Ici.

20. La prochaine fois je viserai le coeur

Trop froid pour prétendre à davantage mais impressionnant à tous les niveaux. Ici.

19. La ritournelle

Voilà le prototype même du film QFA (Qualité Française Auteuriste) parfois connu sous l’appellation jumelle de FT (Film Télérama). Soit un réalisateur « indé » ou auteur donc (Marc Fitoussi) qui, après des débuts à la marge, s’embourgeoise au fil de ses nouveaux projets pour finir par pondre ce genre de comédie du remariage proto-pantouflarde, starring 2 comédiens bien établis et reconnus, 2 comédiens bourgeois (Isabelle Huppert et Jean Pierre Darroussin). Tout pour se faire dézinguer donc mais c’est fait avec extrêmement de pudeur, de justesse, de tendresse et d’intelligence. Et Isabelle Huppert m’y a rappelé pourquoi elle a longtemps été un de mes crush :  je l’ai trouvé à croquer. Bim. Prend cet argument dans ta gueule la critique cinématographique.

En plus elle a une garde robe im-pe-cca-ble <3
En plus elle a une garde robe im-pe-cca-ble ❤


18.
Hippocrate

Le FT se démarque du film QFA (voir ci-dessus) en cela qu’il est enrobé d’un vernis sociologisant ou d’une conscience sociale, appelle ça comme tu veux (Ken Loach est ainsi, et sans surprise, le Dieu du FT). Ici, le quotidien des urgences d’un grand hôpital parisien. J’ai en général horreur des FT mais comme tu le sais, j’ai cette énorme qualité (entre autres) de perpétuellement me remettre en cause, d’être prêt à ébranler mes certitudes, à foutre en l’air mes a priori : Hippocrate est un film qui évite tous les écueils (de la sensiblerie ou, à l’opposé, du cynisme ou de l’humour noir forcené) avec un certain brio et en tout cas beaucoup d’intelligence. C’est bien fait, c’est drôle, c’est émouvant, c’est édifiant : aucune raison de bouder son plaisir.

17. Night Moves

Je lui préfère sans doute La dernière piste mais c’est quand même sacrément bien fichu. J’ai eu peur qu’à un moment le « message » (sur l’engagement radical, ses implications et ses possibles conséquences) prenne le pas sur le cinéma mais non. Brillant.

Ils sont forts ces ricains :  même leurs crevards sont plus cools que les notres.
Ils sont forts ces ricains : même leurs crevards sont plus cools que les nôtres.


16.
Edge of tomorrow

Là aussi, ça aurait pu être encore mieux, ça aurait même pu être un chef d’oeuvre (ça se contente de les citer en référence) mais quel pied ! Ici.

15. Bird People

Alors là… LE film casse-gueule par excellence, qui essaie non seulement de capter « l’air du temps » (les portables, Skype, les business travel à travers le monde, les aéroports, les lecteurs MP3 et autres vecteurs de notre ultra-moderne solitude), devenant de fait et illico totalement démodé  mais il ose en son milieu un twist scénaristique d’un culot assez incroyable (je comprends tout à fait qu’on trouve ça ridicule, risible, grotesque, que sais-je encore). Chez moi les 2 volets ont parfaitement fonctionné : la peinture de ce personnage et de cette société modernes trop modernes et, dans sa 2ème partie, de ce besoin naïf peut-être, d’un espace de liberté hors de toutes contingences matérielles et prosaïques. C’est en outre un film qu’on n’attendait certainement pas de la part d’une cinéaste telle que Pascale Ferran, ça me rend le film d’autant plus estimable. Enfin, et là c’est très perso, j’adore les films qui se déroulent dans ces lieux de transit que sont les hôtels, les aéroports, les gares etc (j’adore d’ailleurs ces lieux tout court :  rien ne me satisfait davantage qu’une nuit à l’hôtel après un long voyage en train par exemple). Second bonus « petit chou » de mon top pour Anaïs Demoustier après Situation amoureuse : c’est compliqué.

bird-people
Toute légende est un risque de spoiler, je ne dirai donc rien.


14.
Jersey Boys

Ca commence comme les Affranchis, petites frappes italo-américaines un peu lose, un peu attachantes. Ca ronronne gentiment, c’est pas désagréable, c’est même plutôt bien fichu mais on se demande à quoi ça sert au fond puisqu’on déjà vu ce film ou ce téléfilm 100 fois. On se demande si Eastwood n’avait que ça à foutre, s’il aurait pas du arrêter il y a longtemps. Et puis à un moment (impossible de dire quand : ce moment n’a aucune réalité tangible dans le film, il a l’élégance de ne jamais être désigné puisqu’il dépendra de tout un chacun. Il arrive juste à un moment ou un autre), on se dit que merde, c’est quoi ce film, j’ai jamais vu ça, jamais vu cette histoire traitée comme ça : exit donc les habituelles séquences d’euphorie absolue (lorsque le groupe rencontre le succès) ou de déchéance totale (lorsque le groupe commence à sentir la lose), puisque tout est traité sur le même mode, tranquille, mélancolique, résigné même. Chronique d’une histoire foutue d’avance pour cause d’amitié foireuse et de loyauté, Jersey Boys impose sans forcer sa petite musique douce-amère, happy-sad. Il n’y avait sans doute qu’Eastwood pour raconter cette histoire de cette manière. C’est à ce moment-là, encore, que je me souviens qu’il est l’un de mes héros absolus.

Frankie Valli and the Four Seasons
Frankie Valli and the Four Seasons


13.
Under the Skin

Là aussi, comme pour Bird People, je comprendrais qu’on balaie ça d’un revers de la main : c’est l’exemple même du film « ça passe ou ça casse » même s’il est, au fond, un peu tiède, pas suffisamment expérimental ni radical pour véritablement imposer le respect et pas très finaud lorsqu’il essaie de dire quelque chose. Mais son ambiance oppressante a parfaitement fonctionné sur moi (c’est un film où, paradoxalement, je me suis senti « bien », comprendre parfaitement à l’aise) et certaines séquences, très belles et impressionnantes sur un pur plan esthétique et plastique, impressionnent justement, durablement la rétine. Et puis Scarlett évidemment, seul et unique choix possible à l’heure actuelle dans ce rôle.

Bonjour Madame.
Bonjour Madame.


12.
La grande aventure Lego

Tout le monde te dit que c’est super mais à toi on te la fait pas alors tu le regardes pas, t’es pas comme tout le monde, tu vas pas te faire avoir toi, « mais siiiiiiiiiiiiiiiii c’est vraiment super (lol) ! » alors ok ok, tu vas le regarder, ok mais bon,, tu parles, c’est pas possible que TOUT LE MONDE trouve ça super sans déconner, y a un problème quelque part, c’est sûr, mais bon, ok, tu finis par le regarder et là tu trouves ça tellement super et euphorisant que tu penses même plus à te trouver con d’avoir pu douter aussi fort. C’est super quoi. « SPACESHIP!!! »

Super.
Super.


11.
Le vent se lève

Un très beau film. Un peu trop « dur » pour moi peut-être… Ici.

Top 2014 – cinéma – j’ai aimé – 1ère partie

J’ai aimé nettement plus de films en fait. Numbers don’t lie (37 vs. 14). Et après on dit que je suis méchant, aigri et j’en passe. C’est vous les méchants. Vous, les ronds de cuir.

Ici donc, des films parfois plus mauvais que ceux de mon billet précédent mais que j’ai aimés. A l’inverse, certains sont peut-être meilleurs que ceux de mont top 10 mais je les ai « juste » aimés.
Je découpe en 2 parties sinon ça va faire un gros pavé indigeste. Comme ça ça fera 2 petits pavés indigestes. Plus le top 10.

37. Fiston

Mauvais bien sûr (Kev Adams + Frank Dubosc, un genre de cauchemar absolu) mais pas catastrophique. Disons qu’y a 2-3 vannes… Disons que j’étais bien luné… Disons que jesuistropbonclientpourcegenredefilms. A noter Helena Noguerra dans un rôle de pure MILF, preuve que le temps passe pour tout le monde.

36. Prêt à tout

Je garde un très bon souvenir des Gamins, le « premier » film de Max Boublil. J’étais donc relativement motivé (au sens où j’avais davantage envie de le voir que, mettons, Winter Sleep). C’est pas nul mais c’est beaucoup plus sage, avec des situations, des gags plus convenus et traités de manière nettement moins audacieuse. Y a de bons passages quand même, c’est sympathique. Je dis toujours la même chose, d’ailleurs je l’ai redit pas plus tard que juste au-dessus mais c’est tellement ça que je vais le reredire encore une fois : je suis trop bon client pour ce genre de films.

Sooouuuuuuuuuuuuus le sol-ei-ei-ei-ei-ei-eil
Sooouuuuuuuuuuuuus le sol-ei-ei-ei-ei-ei-eil


35. Le crocodile du Botswanga

Bah ouais : vu un peu en désespoir de cause sur la foi d’un simili pseudo avis vaguement positif et en fait je me suis bien marré. N’Gijol, que je trouve médiocre en stand up, a quand même un abattage assez formidable dans son rôle de dictateur de république bananière. Nan sérieux, c’est pas mal…

34. Fast Life

Et du coup je suis allé voir son film à lui (à Thomas N’Gijol). C’est pas un « bon » film non plus évidemment mais ça se démarque clairement des comédies que le cinéma français nous pond au kilomètre (et dont je suis parfois client, voir ci-dessus mais c’est pas le problème). N’Gijol a une grosse qualité selon moi, LA qualité essentielle à un bon comique même: il n’a pas peur du ridicule, ni d’endosser le mauvais rôle. Pas dans une posture auto-dépréciative « sacrificielle » et narcissique qui créerait l’empathie : non, ici il joue un vrai connard, irrécupérable. Ca me fait penser à ces mots très justes du grand Chris Esquerre qui disait que la majorité des comiques français se donnaient toujours le beau rôle au fond, ne voulaient pas passer pour des blaireaux, qu’ils se prenaient pour des rocks stars alors que l’essence même du comique, c’est le ridicule (et ne pas en avoir peur donc). Eh bien Thomas N’Gijol a au moins ce mérite de pratiquer son art sans se brosser ni lui ni son public dans le sens du poil pour s’attirer ses faveurs (au public). Je me suis perdu dans cette dernière phrase.

Là pour le coup il est pas mal Olivier Marchal
Là pour le coup il est pas mal Olivier Marchal

33. Dragons 2

Très fan du 1er, que j’ai d’ailleurs revu avec grand plaisir. Celui-ci tombe dans le piège classique des suites en rajoutant beaucoup trop de tout : de spectaculaire, de personnages, de blagues, de sentiments et enfin de minutes (une grosse vingtaine à sabrer ici). A mi-parcours néanmoins, il se passe un truc assez étonnant (que je ne dévoilerai évidemment pas) et consécutivement, le traitement appliqué à la description du couple et de la cellule familiale prouve que les auteurs sont quand même un peu au-dessus de la mêlée. Visuellement et plastiquement, c’est une merveille.

32. Des lendemains qui chantent

Très sympathique ce film. Ici.

31. Situation amoureuse : c’est compliqué

J’ai dit et redit tout le bien que je pensais, que je pense toujours d’ailleurs, de Radiostars, petit jalon de la neo-comédie française. On a ici affaire à la même équipe, à la différence que Romain Lévy, son réalisateur, se contente de l’écriture et d’un bref second rôle, Manu Payet assumant un vrai premier rôle (Radiostars était un film de bande) ainsi que la réalisation. Et c’est vraiment pas mal. Moins potache, plus mélancolique, avec de vrais bons passages de comédie et de « romance » à la fois. Et surtout, surtout, le génial Jean-François Cayret (le mec qui veut être surclassé dans la pub Volkswagen) dans un rôle bien écrit à la base mais dans lequel il crève l’écran.

30. Sin City 2

Pas du tout envie de le voir à la base et puis je l’ai chopé un peu par hasard et finalement j’ai passé un très bon moment. Une pure série B, ni plus ni moins, qui connait ses limites mais remplit parfaitement son cahier des charges. Eva Green y est biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip, ce qui ne gâche rien.

Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip
Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip

29. Anchorman 2

Si un jour je fais un top comédies sur le modèle de mon top 100 musique (faudrait que je me retrouve au chômage pour ça mais bon), Anchorman (Présentateur vedette : la légende de Ron Burgundy) sera très très haut. C’est avec Dumb and Dumber, Supergrave et 40 ans, toujours puceau, une de mes comédies préférées de ces 20 dernières années et un des sommets de la geste willferrellienne, ce génie absolue de l’humour. J’étais bien sûr hyper content qu’une suite lui soit donnée même si un peu craintif en même temps. Pas de surprise :  j’ai ri, beaucoup parfois, mais c’est nettement moins bien que le 1er volet. C’est beaucoup trop long surtout : passée la 1ère heure, extra, ça s’étire beaucoup, beaucoup trop. Évidemment, le challenge était de taille : comment donner une suite digne de ce nom à une comédie culte ? La réponse plus loin dans mon top.

28. Les contes de la princesse Kagoya

Je vois que le film est très bien classé dans pas mal de tops de fins d’année et c’est mérité. Formellement c’est une merveille et quelques séquences impriment durablement la rétine. L’histoire, basée sur une légende populaire, est touchante. « Alors quoi ? » Alors je m’y suis un peu fait chier…

C'est beau.
C’est beau.


27. L’Homme qu’on aimait trop

Du Téchiné pur jus : à la fois cossu et singulier, bourgeois et personnel. Le fait divers qui préside au film aurait pu être traité de manière totalement différente, en se focalisant uniquement sur l’un ou l’autre des 2 personnages principaux :  Téchiné y ajoute même un 3ème (celui de Catherine Deneuve) et parvient à ménager un espace à tout le monde sans que son film paraisse jamais bancal ni tiède. Je le redis là aussi encore une fois : dans un rôle bien écrit, Guillaume Canet est un putain de bon acteur.

26. Saint Laurent

Je suis pas totalement convaincu mais la 1ère partie, avec les scènes de boîte et les tubes de Northern Soul, ainsi que la fin, avec cette idée géniale d’utiliser Helmut Berger pour jouer Saint Laurent vieux, m’ont emballé. On peut légitimement trouver ça poseur, prétentieux, que sais-je encore mais il me parait difficile de ne pas concéder que Bonnello fait du cinéma.

25. Pas son genre

Ca frise le très bon FF (Film Français) mais c’est pas tout ça fait ça : la faute au désormais habituel didactisme de Lucas Belvaux. Il a l’air adorable ce garçon, très intelligent, très sensible mais il doit être un tout petit peu chiant quand même. Le genre, au cours d’une soirée, à te coincer pendant 2h dans un coin de la pièce pour une discussion interminable sur la fin des idéaux de gauche, quand tout le monde est en train de se mettre minable sur Big Bisou. Bon, c’est quand même un très JF (Joli Film, j’essaierai d’en donner la définition à l’occasion) à la fois très léger et très grave puisque ça laisse un sale goût amer dans la bouche. Difficile enfin de ne pas avoir un mot pour Emilie Dequenne qui emporte tout et tout le monde sur son passage, et ce mot c’est « irrésistible ».

300143
Petit chou ❤


24. La chambre bleue

J’ai l’impression qu’à moins de s’appeler Luc Besson, il est très difficile de rater l’adaptation d’un récit de Simenon. Alors quand on s’appelle Mathieu Amalric forcément… Non pas que je le considère comme un génie mais bon, tu vois l’idée. C’est donc une réussite, proche de ce qu’à pu faire Chabrol dans ses dernières années, avec un soupçon d’érotisme estival en plus.

Top 2014 – cinéma – j’ai pas aimé

Première salve de mon top cinéma 2014 : les films que je n’ai pas aimés, sans ordre particulier.

Les Francis

Pourquoi je me suis lancé là dedans ? Mystère… C’est, selon une une expression que j’affectionne particulièrement, « ni fait, ni à faire ». C’est simplement très mauvais, jamais drôle, monté et réalisé avec les pieds etc. Ca a dû coûter une blinde en plus (pas mal de décors naturels différents, superbes évidemment puisque l’action se déroule en Corse, seconds rôles « prestigieux » de Claudia Cardinale et Jacques Dutronc). Je ne sais plus qui disait qu’il y avait des films longs courts et des films courts longs : Les Francis est un film très court interminable.

Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu ?

Eeeeeeeeeeevidemment que c’est nul et que je le savais. Mais j’aime bien me rendre compte par moi-même de la nature exacte de ces « phénomènes de société » (ceci étant, j’ai toujours pas vu Intouchables ni Avatar). Là j’ai pas été déçu : mal branlé, mal dialogué, bourré de clichés alors qu’il est supposé les combattre, le film a au moins le mérite de démontrer une nouvelle fois (malgré lui bien sûr) que les 3 religions monothéistes sont aussi rétrogrades et misogynes l’une que l’autre. Juifs, chrétiens et musulmans sont d’accord sur un point :  une femme ça ferme sa gueule, ça reste en cuisine et ça sourit tendrement devant la puérilité de ces gros bêtas de maris. Un film à montrer à tous ceux pour qui les scores stratosphériques du FN sont un sujet de questionnement. Sur un simple plan cinématographique, c’est le plus mauvais truc que j’ai vu depuis des années. Pire que Les Francis, ce qui n’est pas peu dire. PIRE QU’HOLY MOTORS. Capisce?

PHOdfbe7354-01ad-11e4-b02d-f682f23cf73b-805x453
J’ai chopé cette photo réunissant tous les protagonistes dans une église catholique donc, sur le site du Figaro. C’est génial.


Belle comme la femme d’un autre

Presqu’aussi puant idéologiquement parlant. Ca démarre comme une comédie du remariage à la Framçaise, pantouflarde mais parfois drôle/mignonne. Et puis le film déroule peu à peu son propos et il est gerbant. Le mec, évidemment vieillissant (Olivier Marchal, toujours sur les bons coups lorsqu’il s’agit de jouer les gros beaufs) veut donner une bonne leçon à sa future femme jalouse et évidemment vieillissante qui au départ voulait tester sa fidélité (Zabou Breitman, toujours très bien) en se tapant une jeune bombasse (Audrey Fleurot, ni bien ni mal : sans intérêt). Il se la tape, il lui donne donc une bonne leçon à cette conne un peu trop jalouse et pas assez sûre d’elle (et trop vieille), et finit avec la bombasse. Tout ça est probablement supposé se voir exonéré d’une quelconque misogynie par le simple fait d’être mis en scène par une femme. Dégueulasse.

Joe

J’en démords pas : ce film est complètement con. Vite, Pineapple Express 2 !

Godzilla

Les 2 seuls « vrais » acteurs du film sont dégagés passée la 1ère demie-heure. C’est con parce que du coup on se retrouve avec 2 endives adolescentes qui ont bien du mal à nous faire croire qu’ils sont déjà parents. Bilan :  les scènes avec que des monstres = pas mal; les scènes avec des humains dedans = très embarrassantes.

C'est quand même très très con d'avoir construit le film autour du plus mauvais acteur des 2
C’est quand même très très con d’avoir construit le film autour du plus mauvais acteur des 2


La vie rêvée de Walter Mitty

Il y a 10 ans, Ben Stiller aurait fait de ce film une parodie. Tristesse.

X men : days of future past

L’exemple parfait de la fausse bonne idée. Le 1er X-Men (réalisé par Bryan Singer) était super et il a cartonné. Le X-Men Origins sorti il y a 2-3 ans (réalisé par Matthew Vaughn) était super et il a cartonné. « Hey, on va mélanger les 2, on va faire bosser ensemble Singer et Vaughn et on va faire un film super qui va cartonner ! » Sauf qu’évidemment, ça n’est pas aussi simple que ça : intrigue trop tarabiscotée et surtout beaucoup trop de personnages et de stars. On imagine sans mal les avocats et agents sur le plateau et dans la salle de projection test, chronomètre en main, en train de vérifier que Jennifer Lawrence n’est pas lésée dans son temps d’apparition à l’écran par rapport à Hugh Jackman, ce dernier par rapport à Michael Fassbender, ce dernier par rapport à Omar Sy. Ah non merde ça marche pas là. Quoi qu’il en soit, même si c’est pas désagréable, c’est ni fait ni à faire là encore.

x-men-days-of-future-past-official-trailer-2-01
Starring James Mesut Ozil Mc Avoy


L’amour est un crime parfait

Très enthousiaste à la sortie, beaucoup moins maintenant. J’ai voulu le revoir et je l’ai donc revu mais le problème c’est qu’au milieu, j’ai lu le roman de Philippe Djian… Et s’il n’est pas exempt de défauts, il a néanmoins révélé que les Larrieu s’étaient pas vraiment foulés sur le coup voire même qu’ils avaient sabré/édulcoré pas mal de choses intéressantes. Second visionnage très décevant donc puisque je passe de jaiaimé à jaipaaimé.

Her

Le film figurait dans une liste des « 20 films sur la solitude à voir » au milieu de titres de très bonne tenue. Comprends pas : c’est quand même super léger théoriquement parlant. Après… c’est pas déplaisant non et c’est bien réalisé. Juste joliment chiant et joliment inconséquent. J’en parle davantage ici. En relisant je me rends compte que j’avais nettement plus aimé que je le pensais mais avec le recul il ne m’en reste que les pantalons taille haute de Roaquine.

Deux jours une nuit

Bon c’est très bien en fait, y a pas de problèmes. Enfin, si, justement. UN problème. Je peux pas. C’est plus fort que moi, je peux pas. J’y arrive pas. Elle me gâche tout. Je prie pour qu’elle joue jamais dans un film de Wes Anderson.

Ca devait bien finir par arriver : elle regrette d'avoir appelé son fils Marcel.
Ca devait bien finir par arriver : elle regrette amèrement d’avoir appelé son fils Marcel.

Interstellar

Pas inintéressant mais beaucoup trop long et une résolution grotesque qui ruine ce que je me forçais déjà à sauver. Hey les mecs, sérieusement, revoyez 2001 avant de vous palucher sur ce prétendu nouveau Kubrick ! Non mais sans déconner…

The Homesman

J’ai pas trouvé ça mauvais à proprement parler mais le film a toujours le cul entre 2 chaises : entre ses 2 personnages principaux, entre Eastwood et Peckinpah, entre sécheresse et profonde humanité mais sans jamais choisir son camp ni, à l’inverse, embrasser tout ça dans un même élan romanesque. Faute de talent sans doute. Tommy Lee Jones est pas un mauvais gars mais bon… Ca fait quand même plaisir de revoir Hilary Swank, j’ai l’impression qu’elle avait complètement disparu.

Avec une actrice qui a débuté dans Beverly Hills et le papa de Betty Draper
Avec une actrice qui a débuté dans Beverly Hills et le papa de Betty Draper


Aimer boire chanter

Un « bon » film là aussi mais malgré tout le respect, l’admiration et l’affection que je peux avoir pour Alain Resnais, c’est vraiment l’exemple type de film de vieux monsieur… Clins d’oeil appuyés, mise en abyme pataude, rien ne manque. J’ai eu du mal à aller jusqu’au bout.

Nos pires voisins

Tu commences à connaître la maison, tu te doutes donc que c’est un film que j’attendais particulièrement. Je suis très déçu : quelques bons passages, quelques bons gags mais trop peu. Manquent également l’habituel vernis humaniste, le regard empathique. La « morale » de l’histoire est quand même d’une platitude assez désespérante et surtout inhabituelle chez des gars qui justement nous ont habitué à beaucoup de finesse et de justesse dans la peinture du couple et des rapports humains en général. J’espère qu’ils (les rejetons de la « famille » Apatow) ne sont pas en train de se reposer sur leurs lauriers parce que là c’est vraiment l’impression que ça donne.

Une des bonnes scènes (la Guigne ! )
Une des bonnes scènes (la Guigne ! )

Avant la reprise

Grande remise met un point d’honneur à ne jamais commenter l’actualité politique ou les événements importants survenus en France ou dans le monde, sinon par petites touches et en essayant toujours de les désamorcer par le sarcasme, la dérision ou le second degré. Aujourd’hui néanmoins, il me paraît difficile de faire reprendre au blog son cours normal sans évoquer avec un minimum de sérieux ce qui c’est passé la semaine dernière. Je le ferai, comme toujours, sous un angle exclusivement personnel : d’autres se sont chargés, se chargent, se chargeront encore de bien mieux mettre en perspective ce qui s’est déroulé que je ne pourrai jamais le faire.

Si j’ai évidemment et comme tout un chacun été bouleversé par le massacre survenu mercredi dans les locaux de Charlie Hebdo, j’entends par l’attentat en lui-même, sa sauvagerie et sa symbolique universelle, j’ai été profondément affecté car, comme pour beaucoup de personnes de ma génération, il a marqué une sorte de tournant, de passage définitif, brutal et inattendu à l’âge adulte : le lendemain, un collègue à peine plus âgé que moi disait qu’il avait l’impression qu’on avait « flingué son enfance ». Je ne saurais dire mieux.
Comme beaucoup de 35-40naires, j’ai grandi avec Cabu dans Récré A2. Je l’ai simultanément découvert sous un autre aspect dans le Canard Enchaîné, avec ses personnages emblématiques du Beauf et du Grand Duduche, par l’entremise de mes frères et soeurs plus âgés. Ce qui m’a quasiment en même temps amené à lire Wolinski puis Reiser etc. Je ne comprenais pas tout évidemment, loin s’en faut mais je voyais bien qu’il y avait là quelque chose de transgressif, de choquant, un goût d’interdit, de je-devrais-pas-lire-ça-à-mon-âge qui le rendait encore plus attirant et précieux. Je suis convaincu que c’est lors de ces quelques années, au cours desquelles j’ai été exposé à des créations auxquelles je n’aurais normalement pas du être exposé, que s’est formé, en grande partie, l’adulte que je suis aujourd’hui. Alors oui, moi aussi je peux dire qu’on a flingué mon enfance mercredi dernier et ça me fait chier.

Conséquemment, si j’ai été aussi choqué, abasourdi même, c’est aussi, et comme beaucoup là encore je pense, parce qu’on s’est non seulement attaqué à la liberté d’expression mais, dans son cadre, à des caricaturistes, des dessinateurs humoristiques, des comiques. Des COMIQUES putain. Si tu suis un minimum ce blog, tu sais ma passion et mon admiration, immenses et sincères, pour tous ceux qui, de Ricky Gervais à Louie CK, de Judd Apatow à Chris Esquerre, des Jim Carrey à Larry David, et je pourrai en citer des dizaines d’autres, rendent notre vie plus belle et plus joyeuse avec leurs films, vannes, séries, sketches etc. Assassiner un artiste en raison de ce qu’il transmet dans son art est insupportable. Tuer un humoriste pour les mêmes raisons me paraît tout bonnement inconcevable. Me paraissait, malheureusement… C’est sans doute un peu idiot et très naïf de le formuler ainsi mais tuer l’humour, c’est tuer la vie dans ce qu’elle a de plus essentiel à mes yeux, et c’est aussi ça qui fait aussi mal.

Et maintenant ? Et maintenant, comme beaucoup, je ne sais pas. Je l’ai écrit plus haut, je n’ai ni l’envie, ni les outils pour me lancer dans des propositions, une analyse plus ou moins approfondie de ce qui nous attend, de ce qui pourrait advenir et de comment y parvenir. Je ne sais tout simplement pas : je suis à la fois très inquiet (lorsque j’entends certains commentaires des politiques) et raisonnablement optimiste ( et très ému, lorsque je vois l’incroyable élan populaire qui s’est manifesté ce weekend). Je sais juste que plus que jamais, il faut rire, boire, manger, baiser, aimer, créer, vivre sans entraves.

A très vite pour la suite.