Top albums 2014 – 2ème partie

Comme l’an dernier, un neumbeur ouane indiscutable, le reste très difficile à départager. Pour les places de 20 à 11, c’est ici que ça se passe.

10 – The Pearlfishers – Open Up Your Coloring Book

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Malgré la « révolution numérique » comme on dit dans les hebdomadaires sérieux, il y a encore, en 2014, des artistes/groupes importants qui semblent encore marginaux, au sens où très peu de gens connaissent leur existence. Les écossais Pearlfishers en font partie, j’y reviendrai dans mon top 100. Leur dernier album ne déroge pas à leur règle : sensible, précieux, sophistiqué, il milite pour une pop de (très) grande classe qui verraient se rejoindre, comme dans un rêve, Burt Bacharach, Todd Rundgren, les Beach Boys et Belle and Sebastian. Cet album se heurte à la même limite que tous leurs précédents (un déficit de charisme chez son leader à la voix trop limitée) mais d’un simple point de vue compositions/arrangements, c’est peut-être le plus beau disque de l’année.

9 – Timber Timbre – Hot Dreams

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L’exception americana qui confirme la règle. Un album d’une volupté phénoménale qui évoque souvent les atmosphères à la fois sensuelles et oniriques de David Lynch. « I wanna wake from hot dreams of you », punchline lovah lovah de l’année.

8 – Tahiti 80 – Ballroom

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J’ai une relation compliquée avec Tahiti 80… Théoriquement, c’est un groupe que j’aime de façon inconditionnelle : une éthique pop à faire passer Phoenix pour Motorhead, des mecs coolos au goût exquis (voir les mixtapes géniales qu’ils postent très régulièrement et gratuitement donc sur Facebook), de belles pochettes, des connections irréprochables (Mehdi Zannad, Richard Swift). Concrètement, je suis souvent un peu déçu par leurs albums, que je trouve toujours trop tarabiscotés alors que le groupe n’est jamais aussi bon que lorsqu’il va à l’essentiel (comme sur Activity Center, leur chef d’oeuvre selon moi). Ici, j’ai l’impression qu’ils sont enfin parvenus à un équilibre parfait entre leur ça « ligne claire » et leur surmoi expérimental. Et c’est super !

7 – Temples – Sun Structures

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Je les ai longtemps taxés de « Tame Impala du pauvre » et c’est assez injuste. D’abord parce que leur musique n’a pas grand chose à voir avec celle des australiens finalement (même s’ils affectionnent tous 2 le psychédélisme late 60s), ensuite parce qu’elle possède beaucoup de qualités. Principalement, celle qui me bluffera toujours chez tous les branlotins britanniques du même ordre qu’on se ravise in extremis de baffer : on peut convoquer toutes les références qu’on veut, on peut louer la production à la fois rétro et jamais passéiste, Sun Structures c’est avant tout des refrains hyper accrocheurs et des tunes comme disent les anglo-saxons qui rentrent illico dans la tête pour ne plus en sortir. Cet incroyable talent mélodique chez les britanniques à peine sortis de l’adolescence me bluffera toujours.

6 – Jim Noir – Finnish Line

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J’ai tenté d’expliquer récemment toute l’affection, l’amour même que je pouvais porter à ce mec et à son dernier album. Tellement traditionnel selon ses critères qu’il en deviendrait presque expérimental.

5 – Liam Hayes – Korp Sole Roller

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J’en reparlerai dans mon top 100 là aussi mais Liam Hayes… Gros, très gros dossier. Dans l’immédiat et pour faire court, après avoir incarné l’un des seuls vrais mythes pop de ces 20 dernières années (sous son pseudonyme Plush), il avance désormais sous son propre nom et s’est un peu ouvert au monde : Roman Coppola a fait appel à lui pour composer la bande originale de son dernier film et dans la foulée de cette exposition sans doute inattendue pour lui (et du succès, même tout relatif, qu’elle a engendrée) il a donc sorti un nouvel album cette année… avant d’en sortir un autre dès janvier 2015 ! Bon, après, pour situer rapidement : c’est de la pop de très, très haute volée, mélodique à souhait, élégante et immédiate à la fois, teintée de soul, qui évolue à la marge mais s’adresse à tout un chacun. Un mec né à la mauvais époque : aujourd’hui plaisir d’esthète pour 3 pelés alors qu’il aurait pu être superstar dans les années 70.

4 – Forever Pavot – Rhapsode

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Rhapsode c’est un peu le disque que j’attendais depuis des années sans jamais le voir venir. Un albeum qui ravive le souvenir des grands compositeurs français des années 70 (Goraguer, Vannier, De Roubaix) sans jamais sentir la naphtaline. Un disque aussi prog que pop, aussi précis qu’accessible, aussi aimable que dérangeant (je pense souvent à Quentin Dupieux en l’écoutant). Coup de maître !

3 – Allah Las – Worship the Sun

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J’écrivais à propos de Tahiti 80 que c’était un groupe que j’adorais théoriquement mais pas toujours sur disque et bien ici on a affaire à un groupe 100% Grande remise. C’en est presque caricatural… Ces mecs ont TOUT juste :  les tronches, les fringues, les pochettes, les titres de chansons et, cerise sur le gâteau, les chansons elles-mêmes. Allah-Las, c’est le groupe dont j’ai toujours rêvé, qui synthétise tout ce que j’aime esthétiquement et musicalement. Ceci étant, j’aime un tout petit peu moins cet album que leur premier car s’il est tout aussi « californien », il me semble moins influencé par la mer que par l’intérieur des terres (ambiances un peu plus « désertiques »). Il sent moins les embruns, un peu plus la poussière quoi. Autre bémol : si sur le 1er album ils parvenaient à une synthèse miraculeuse de surf/pop/garage qui n’appartient qu’à eux, ils évoquent ici d’autres groupes qu’eux mêmes (les Sadies, les Beachwood Sparks). Bon je chipote, ils sont numéro 3 sur une grosse cinquantaine de disques écoutés cette année, c’est dire si je les aime.

1 – Ty Segall – Manipulator / Sébastien Tellier – L’Aventura

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Impossibles à départager vraiment… J’ai autant écouté l’un que l’autre, préféré alternativement l’un à l’autre, vu chacun d’eux en concert cette année (2 fois Ty Segall). Ce sont les 2 disques de l’année pour moi, loin devant tous les autres.
Pas grand chose en commun évidemment, tout semble même les opposer mais ensemble, ils synthétisent tout ce que j’aime et attends de la Pop : immédiate et mélodique chez l’un (Ty Segall, comme chez les Allah-Las ou Thee Oh Sees pour résumer), sophistiquée et aventureuse chez l’autre (Tellier, comme Forever Pavot par exemple). Ils fonctionnent en outre comme 2 genres de best of de leur auteur : Manipulator, usine à tubes pop, garage, glam, folk, introduction parfaite pour qui ne connaitrait rien de l’univers du californien; L’Aventura, synthèse impeccable de tous les précédents albums du divin barbu, qui emprunte à chacun d’eux sans exception et par lequel il serait tout à fait judicieux de le découvrir.

A bientôt pour le top ciné.

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Top albums 2014 – 1ère partie

2014 année pop sur Grande remise. Je veux dire, encore plus que d’habitude.

J’ai laissé tomber, ou presque, l’Americana. Lassé… L’impression d’avoir un peu fait le tour de la question même si c’est absurde de dire ça tellement le genre est vaste et diversifié. Mais tout ce que j’ai pu écouter cette année d’approchant (Angel Olsen, War on Drugs pour citer 2 exemples de très bons albums) a fini par me fatiguer.  Du coup, pas écouté non plus une seule fois Bill Callahan par exemple. PAS ECOUTE UNE SEULE FOIS NEIL YOUNG BORDEL. Weird… Ca reviendra certainement mais c’est pas pour tout de suite. Gros gros recentrage pop ces derniers mois. Me suis même remis à des trucs que j’avais laissé de côté depuis un bon moment (Bacharach, Esquivel, Morricone).

Du coup, un top chamarré, mélodique et harmonique à souhait. Et un peu mélancolique aussi. Oui, absolument : un top Grande remise.

20 – The War on Drugs – Lost in a Dream

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Bon, je le mets quand même parce que c’est un très bel album. Il est parmi les plus plébiscités cette année, tout en haut des tops de fin d’année quelle que soit la publication, et c’est très mérité. Pour ceux qui l’auraient pas encore écouté : c’est très beau mais on a quand même envie d’ouvrir la fenêtre en grand après hein.

19 – The Coral – The Curse of Love

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J’ai déjà clamé maintes fois haut et fort mon amour pour ce groupe. Album enregistré en 2008 mais gardé « secret » jusqu’à cette année, The Curse of Love m’a d’abord un peu déçu. Mécréant que je suis : c’est du Coral première mouture (avant le départ de leur guitariste virtuose Bill Ryder-Jones donc) de tout premier ordre : romantique à souhait, avec ce je-ne-sais-quoi de spectral et un peu flippant et cette inimitable ambiance maritime et nocturne. Genre veillée sur la plage de Hoylake (leur ville d’origine) au 19ème siècle.

18 – Nick Waterhouse – Holly

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Un peu trop poli et ripoliné sur disque, Nicolas Maison de l’Eau doit sa place à un concert absolument phénoménal que j’ai relaté ici. M’enfin, même avec ce bémol, c’est la grosse classe et le jour où il arrivera à capter en studio ce dont il est capable en live, ça sera immense. Si je devais classer les albums selon leur pochette uniquement, Holly serait évidemment bien plus haut.

17 – Ariel Pink – Pom Pom

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Le Branleur dans toute sa splendeur. Mais le BD, le Branleur Doué, agaçant donc et pour lequel on a malgré tout une certaine admiration. On sent qu’il en a encore sous la pédale en plus ce petit con.

16 – François & the Atlas Mountains – Piano Ombre

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J’en parle un peu ici. Je n’ai pas grand chose à dire de plus : François & the Atlas Mountains, c’est un genre de Pop totale (comme on peut parler de « football total ») qui investie tous les terrains avec un appétit formidable et contagieux et qui a peu d’équivalents à l’heure actuelle. Pas seulement en France.

15 – Dorian Pimpernel – Allombon

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Ca se confirme d’année en année : la pop française se porte à merveille. Rejetons d’une famille qui irait de Bertrand Burgalat à Fugu/Mehdi Zannad en passant par Aquaserge, les Dorian Pimpernel n’aiment rien tant que d’aller d’un point A à un point B en passant par toutes les autres lettres de l’alphabet. Dans le désordre. Un disque exigeant donc, sous des atours aimables. Très stimulant.

14 – Avi Buffalo – At Best Cuckold

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Du 1er album d’Avi Buffalo, je garde le souvenir d’un disque assez sympathique mais plutôt anecdotique. Là il nous sert l’histoire du mec qui a franchi un palier sans que personne le voie venir et qui se retrouve un peu ailleurs. Vers le Mercury Rev de Deserter’s Song, pas moins. Overwhelmed with pride, un des plus belles chansons de l’année.

13 – Thee Oh Sees – Drop

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Dans mon top pour la 3ème année consécutive : sacrée constance donc y compris dans la laideur des pochettes. Sinon, des chansons toujours aussi hargneuses, vicieuses et accrocheuses à la fois. On sent le groupe qui n’accèdera jamais à la véritable excellence, qui a sans doute atteint ses limites mais c’est quand même très bieng.

12 – Gruff Rhys – American Interior

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Gruff, je l’ai dit à maintes reprises, est un de mes héros absolus et chacun de ses albums, en solo ou avec les Super Furry Animals, c’est top 5 ou top 10 minimum. Ce « mauvais » classement (pour lui) révèle donc une légère déception : je préfère le Gruff Rhys bricolo des 3 premiers albums (et j’aime pas du tout cette pochette). Mais c’est évidemment de la Pop avec un grand P et ce mec est un génie pour lequel j’ai une affection et une admiration intactes.

11 – Molto Groovy Christmas

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Il faut toujours un élu de dernière minute et cette année c’est lui. J’en parle un peu ici. Après… je me rends compte que tous ceux qui ont chroniqué ce disque, même quand ils en disent du bien, le font de manière un peu pincée et ça m’énerve. Putain, c’est hyper bien réalisé, c’est super élégant, ça fourmille d’idées, c’est euphorisant, c’est même émouvant parfois, c’est de la Pop avec un grand P, pourquoi toujours cette légère condescendance envers cette musique ? La même dont on fait preuve envers les comédies. Ca m’énerve !  Je suis énervement là, je suis colère, je suis bitch resting face. Les comédies, la Pop, c’est la vie bordel ! Quel pied ce disque ! Oui ! Avec des points d’exclamation tout partout ! A demain ! Pour le top 10 !

So Foot – Hors série Best of Tactique

L’achat du So Foot mensuel fait partie de mes petits plaisirs. « Grands », pour être totalement honnête. D’ailleurs je me suis toujours pas abonné après toutes ces années (je suis lecteur depuis le numéro 5) car je trouve plus jouissif d’aller l’acheter chez le buraliste que de le recevoir dans ma boîte aux lettres. Et le soir venu, se mettre au lit pour bouquiner le dernier So Foot, mmmmmmh, c’est bon ça.
Au-delà de cette évocation personnelle, je considère que ce magazine a révolutionné non seulement la presse sportive, mais la presse tout court comme ont pu le faire Les Inrockuptibles dans les années 90. J’ai hâte de découvrir leur magazine de société, So Ciety, prévu pour ce printemps.

Chaque fin d’année, So Foot sort un hors série qui, sous un angle thématique, compile mais également enrichit des articles/entrevues déjà parus.
Cet hiver, après le best of « Culture », « Supporters » ou « Faits divers » des années précédentes, on a donc droit à un spécial « Tactique ». Or, si l’on vante souvent, et à juste titre, le « style » So Foot, à la fois pointu et déconnant, passionné et ironique, avec des sujets sur des joueurs un peu looseux, marginaux ou complétement tarés, avec des coming out footballistiques de cultureux justement, c’est lorsque le magazine s’est consacré au jeu lui-même, en s’intéressant à ses principaux théoriciens, qu’il a réellement laissé son empreinte selon moi.
Ainsi, les entretiens avec Coco Suaudeau, Arrigo Sacchi, Jorge Valdano… ou, à l’autre bout de l’échelle, Raymond Domenech, quel pied bordel ! Ah Raymond… Qui nous explique quel joueur de tête phénoménal peut être… Sydney Govou, et qui insiste, catégorique, sur le fait que seule la volonté sépare Jérémy Toulalan de… Xabi Alonso. On retrouve bien entendu ici ces entretiens in extenso, souvent agrémentés de nouvelles photos et de leurs désormais quasiment mythiques légendes rigolotes.

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Parmi les « inédits » de ce best of, quelques extraits de causerie d’avant-match : celle, très dispensable puisque tout le monde la connait par cœur, d’Aimé Jacquet pendant la coupe du monde 98 (celle où il demande à Pirès de « muscler son jeu »), celle de Luis Aragones avant la finale de l’Euro 2008 où il suggère à ses joueurs de faire dégoupiller Schweinteinsger (qui ne prendra même pas un jaune au final), celle, superbe, de Guardiola avant le ArsenalBayern Munich de l’an dernier (2-0 pour les würste).

Et puis il y a celle, totalement hallucinante, de Mourinho avant le BarcaReal de la demi-finale retour de ligue des champions 2011. M’en suis toujours pas remis et je ne résiste pas à l’envie de la retranscrire ici. Pour rappel, le Real a perdu le mach aller 2-0 à Bernabeu :

« On va faire un match tranquille. On va les attendre. Il faut défendre près de la surface et maintenir notre bloc très bas pour faire un 0-0. En finissant le match sur ce score là, on pourra accuser les arbitres d’avoir fait basculer la qualification lors du match aller… A Barcelone, nous avons trois options : il y en a deux qui sont impossibles et une seule qui est possible. L’option possible c’est que nous soyons éliminés sur un score serré. L’une des deux options impossibles serait que l’on encaisse une avalanche de buts. C’est quelque chose qu’il faut éviter à tout prix si on veut rejeter la faute sur les arbitres. Il ne faut pas que ça arrive. l’autre option impossible, c’est la qualification. Il faut qu’on essaie de préserver un 0-0 mais si d’aventure on se qualifiait, ça serait parfait. »

(Ah ben ouais, ça serait pas mal ouais. « Si d’aventure ». NON MAIS J’HALLUCINE. Pardon, je te laisse lire tranquille. Mais putain c’est incroyable ce truc).

« Il faut qu’on finisse le match avec le score le plus serré possible afin de rejeter la faute sur les arbitres : c’est notre priorité. Un 2-1, un 1-0, un nul me vont, pour que je puisse dire que les arbitres nous ont volé au Bernabeu. Le Real Madrid a engagé les meilleurs avocats du monde. Je sais de source sûre qu’après les demi-finales, Alves va prendre deux matches de suspension à cause de tout son théâtre et que Busquets va en prendre cinq pour racisme. Et le grand Pep… Il se croit très grand celui-là… Bah il va prendre deux matches de suspension. Peut-être même qu’il va en prendre trois, juste parce que c’est le chef d’une troupe de théâtre. Je peux vous l’assurer. C’est pour cela qu’il faut réussir à finir le match sur un score serré. Si c’est le cas, j’irai en conférence de presse pour dire que nous avons perdu la qualif au Bernabeu. Tous les medias seront avec moi et véhiculeront l’idée qu’on s’est fait voler. En revanche, s’ils nous mettent une correction, on sera la risée du football mondial parce que le lendemain toute la presse dira : « Où sont les arbitres Mourinho? Où sont les arbitres, joueurs du Real Madrid? » On doit lutter pour montrer à tout le monde le vrai visage d’une troupe qui se targue de produire du beau jeu. Il faut qu’on lutte pour que la terre entière sache que ces beaux garçons du monde du football jouent de manière sale, parce que c’est réellement ce qu’ils font. Regardez Alves, Busquets… Comment peut-on démontrer qu’ils jouent salement? En finissant le match sur un score serré. »

On sait Mourinho paranoïaque et mesquin devant les medias. On pense qu’il joue un rôle, qu’il y a là du second degré, une certaine distance ironique, que c’est en grande partie de la comédie. En fait pas du tout : il est sans doute encore pire en privé et avec ses joueurs.

Carletto, je t’aime.

Le sapin, les guirlandes, les boules… et le groove !

Il n’aura pas échappé aux mieux informés d’entre vous que ça y est, on y est, cette fois c’est sûr, on va pas y couper : c’est Noël.

Ceux qui savent, savent que j’ai déjà rédigé ce billet l’an dernier à la même époque. Il est toujours d’actualité et le bingo de Noël de Topito  (vraiment bien vu ce top) te sauvera peut-être à nouveau, sinon la vie, du moins la journée.

Mais cette année c’est la fête ! Youpi ! Et ce grâce à cette petite merveille qui entre illico dans le top des meilleurs albums de Noël (un billet que j’aurai peut-être le temps de rédiger l’an prochain).

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C’est produit par Roman Coppola et Alessandro Casella et réalisé par le multi-instrumentiste Carlo Poddighe. C’est bourré d’orgues qui glougloutent, de basses au médiator, de guitares qui fuzzent, de breaks de batterie hystériques. Ca sent le jerk, la surf music, les bo italiennes des années 60 ou 70, le freakbeat, la heavy soul, la pop psyché, appelle ça comme tu veux. Un soupçon de jazz pour le côté classieux, une petite lichette de Moog Cookbook pour faire bonne mesure versant cheapos-rigolo et on obtient LE disque de Noël 2014, funky, dansant, festif. Une tuerie de tous les instants.

Molto Natale, Molto buono, Molto Groovy !

The Go! Team

Coup de projecteur, coup de coeur sur un groupe encore trop méconnu. En plus pile poil le jour où le groupe annonce un nouvel album pour 2015, comment c’est bien foutu quand même. Grande remise, le blog qui est trop sur le coup.

The Go! Team
The Go ! Team est un groupe anglais (de Brighton je crois) auteur de 3 albums très similaires et de qualité quasiment égale. Il possède une identité sonore très forte, singulière et rapidement identifiable répondant à une philosophie fondamentalement « samples, collages et joyeux bordel ». Rock, hip hop, soul, génériques TV vintage (le premier truc auquel j’ai pensé quand j’ai entendu ce groupe c’est le générique de Hawaii, police d’Etat),J-pop, samples savants (même si pas tant que ça en fait, beaucoup de parties sont jouées live) se mélangent dans des proportions variables selon les titres pour un résultat immuablement tubesque. Sans oublier bien sûr, LA trouvaille du groupe, sa distinction la plus évidente : les double-dutch chants, autrement dit ces chants hyper pêchus d’écolières américaines sautant à la corde.

The Go ! Team, c’est l’euphorie absolue, la bande-son d’un sentiment d’invincibilité et d’exaltation total. Cette musique que tu entendais dans ta tête lorsque tu obtenais le cadeau que tu n’aurais jamais osé demander pour Noël ou pour ton anniversaire (genre une panoplie de cow-boy incluant notamment 2 flingues et un gilet à franges, je dis ça comme ça hein, c’est un exemple tout à fait au hasard), lorsque tu te baladais dans la rue avec tes potes, fiers comme des couillons parce que vous aviez réussi à choper une canette de bière à vous partager à 5 dans un coin ou que tu marquais un but de dingue devant les filles pendant une partie de foot à la récré (tu n’as compris que trop tard pour ta dignité que celles qui n’en avaient tout simplement rien à secouer se foutaient plutôt de ta gueule). La pochette de leur 2ème album, Proof of Youth (le titre, déjà) synthétise bien cet esprit fun, fier et casse-cou. Ose me dire qu’après avoir entendu n’importe lequel de leurs titres, tu n’es pas gonflé à bloc pour faire un saut à l’élastique / envoyer chier ton supérieur hiérarchique / verser le lait avant les céréales dans ton bol.

Et puis ces titres : Ladyflash, The Power is on, Junior Kickstart, T.O.R.N.A.D.O., Ready to Go Steady, Titanic Vandalism, voilà qui n’engendre pas la mélancolie ! Même si elle est bien présente : The Go ! Team, c’est la bande-son de la pré-adolescence, de ce moment-clé où tu pressens que tu vas définitivement quitter le monde de l’enfance, que c’est formidablement excitant mais que ça te rend quand même un peu triste en même temps. C’est très beau d’avoir réussi à capter et retranscrire ce moment si précieux je trouve, sur ce morceau par exemple.

Tirage au sort 8ème de finales Ligue des Champions 2015

Ils sont les meilleurs
Sie sind die Besten
These are the champions

Die Meister
Die Besten
Les grandes équipes
The champions

Aaaaaaaaah, c’est bon ça !
Allez, un petit débrief rapido du tirage au sort des 8èmes de finale, tranquilou bilou, ça mange pas de pain.

FC Bâle – FC Porto
Aka l’affiche dont tout le monde se branle aka un quart de finale tranquille pour leur prochain adversaire aka… Rien d’autre. On s’en fout de ce match.

Paris Saint Germain – Chelsea
C’est un grand classique des media français mais c’est toujours aussi cocasse de contempler les anciens exégètes du PSG changer de position du tout au tout en l’espace de quelques heures (même pas 2, soit la durée du match Barcelone-PSG de la semaine dernière) et ne pas avoir de mots assez durs pour l’équipe parisienne. Alors que soyons sérieux 2 minutes : qui a pu croire un seul instant qu’une équipe dont 2 des cadres sont d’anciens remplaçants du Barca (Maxwell et Thiago Motta) pouvait rivaliser face au Real, au Bayern, à l’Atletico, à la Juve, à Man City etc. Et à Chelsea, évidemment, que je tiens pour un demi-finaliste quasi certain. Font peur cette année ces cons…

Manchester City – Barcelone
Man City c’était « el bombo » comme disent les espagnols, soit l’épouvantail du tirage au sort. Une équipe à l’effectif chaque année plus impressionnant, emmenée par un technicien hors pair (Manuel Pellegrini; j’ai encore honte de la manière dégueulasse dont il a été viré du Real) et qui a enfin réussi à passer la phase de poules. Maintenant que la malédiction est brisée, tout est possible. Je suis évidemment RAVI de cette confrontation même si le match retour au Camp Nou risque de peser lourd.

Bayer Leverkusen – Atletico Madrid
Leverkusen c’est quand même un club sponsorisé (voire fondé il me semble) par un mastodonte de l’industrie pharmaceutique et ça, ça m’a toujours fait un peu flipper. Avec un logo d’aspirine sur le maillot, ces aspirines que je prenait diluées dans un peu d’eau et une petite cuillère quand j’étais petit. Brrrr… Atletico donc, tranquille. Belle saison des colchoneros l’air de rien, malgré un effectif pas mal renouvelé.

Juventus Turin – Borussia Dortmund
il faut savoir que la Juve est un club que j’exècre du plus profond de mon âme (top 3 des clubs honnis : 1 Juventus 2 Bayern Munich 3 Manchester United. Le Barca est hors catégorie : c’est la Nemesis.) Tirage a priori hyper favorable pour eux, Dortmund est au fond du trou, de manière assez inexplicable. Mais les matchs auront lieu en février, avec un retour dans un des stades les plus chauds d’Europe… Bah, n’importe quoi :  c’est plié, la Juve est l’un des gros outsiders de cette compétition.

Chakhtior Donetsk – Bayern Munich
Non affrontement total : le Bayern marche sur l’eau en ce moment, continuera de marcher sur l’eau en février, en mars, en avril. En mai ? J’espère pas mais c’est l’un des 3 grands favoris de cette édition pour moi.

Arsenal – Monaco
Intéressant ça… Très intéressant :  une équipe qui n’a pas grand chose pour elle (Monaco) avec son effectif en bois, son public de hooligans en blazers et pulls sur les épaules, son entraîneur portugais au physique de carreleur… portugais, son non-style porté en étendard (« chiant à jouer » c’est pas un style) mais une grosse solidité défensive et une bonne tête d’invité surprise face à une équipe de pseudos cadors au mental en mousse et à la tronche d’éternelles victimes expiatoires. Serré donc selon moi et une confrontation que j’ai hâte de suivre.

Schalke 04 – Real Madrid
« Chalqueunoumfir » comme on dit quand on veut faire comprendre qu’on a fait allemand LV2, face à LE favori de cette édition (avec le Bayern et Chelsea donc). Le Real cette année c’est près de 4 buts par matchs (55 buts marqués en 15 matchs de championnat), 20 victoires d’affilée toutes compétitions confondues (série en cours), 25 buts en 15 journées de Liga pour CR7, une qualité technique hors du commun, des phases de jeu d’un autre monde, un Pepe stratosphérique qui n’a pas pris un seul carton jaune cette saison, un James Rodriguez hyper soyeux, un Isco iniestien, un Toni Kroos taille kommandänt qui a déjà fait oublier Xabi Alonso (attention au burn out quand même), un Benzema super classe etc etc etc. Je me régale. Tout autre « résultat » dans cette compétition qu’une finale serait une énorme déception.

La prochaine fois je viserai le coeur – critique

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Pendant plusieurs mois, entre 1978 et 1979, les habitants de l’Oise se retrouvent plongés dans l’angoisse et la terreur : un maniaque sévit prenant pour cibles des jeunes femmes.
Après avoir tenté d’en renverser plusieurs au volant de sa voiture, il finit par blesser et tuer des auto-stoppeuses choisies au hasard. L’homme est partout et nulle part, échappant aux pièges des enquêteurs et aux barrages. Il en réchappe d’autant plus facilement qu’il est en réalité un jeune et timide gendarme qui mène une vie banale et sans histoires au sein de sa brigade. Gendarme modèle, il est chargé d’enquêter sur ses propres crimes jusqu’à ce que les cartes de son périple meurtrier lui échappent. (Allocine)

Les temps sont durs mais je tiens bon : je vois des films, je vais à des concerts, je m’alimente même et j’en parle. Grande remise, le blog qui a pris du Bion 3.

Faites entrer l’accusé donc. Non pardon, La prochaine fois je viserai le coeur. Ha ha, c’est rigolo. Bion 3 je te dis.

Première qualité du film, qui saute aux yeux et à laquelle je suis très sensible quand l’action se déroule dans les années 70/80 : sa reconstitution. Y a des Renault 5, des Diane (Ugliest. Car. Ever.), des moustaches, des bottines à talon, des papier peints marronnasses. Dehors c’est plat, c’est gris, c’est morne, c’est humide, c’est froid : pas de doute, c’est la France provinciale de Giscard. Là dessus, le film est 100 coudées au dessus de Des lendemains qui chantent ou de L’ Homme qu’on aimait trop par exemple (que j’avais pourtant bien aimé tous les 2) pour donner des éléments de comparaison un peu pertinents.

Deuxième qualité, son interprète principal. Il valait mieux, il est de tous les plans ou presque. Et il est excellent, déjouant le piège de l’interprétation « sobre » (« je fais rien mais je suggère un maelstrom intérieur ») qui peut vite se muer en interprétation « pantouflarde » (« je fais rien »).
Du coup on se pose la question : comment ce mec, (Guillaume Canet donc), peut il faire de si bons choix (L’Homme qu’on aimait trop de Téchiné, sorti cette année également), comment peut-il être aussi bon dans quasiment tous ses rôles, et comment peut-il dans le même temps être un si mauvais réalisateur ? Je n’évoquerai pas, par crainte de me voir retirer ma carte de blogueur international, sa relation avec Marion Cotillard. C’est un véritable mystère. Ca serait marrant que Laurent Delahousse lui pose la question un jour : « Guillaume Canet, monsoir. Vos films sont pas terribles, pour être poli, mais ils ont beaucoup de succès. Vos interprétations en revanche, de plus en plus fines, forcent le respect. En un mot, tout va bien. Une grosse ombre au tableau néanmoins : pouvez-vous nous en dire davantage quant au pourquoi et à la durée de cette incompréhensible relation sentimentale avec Marion Cotillard ? Je veux dire, vous avez eu un enfant avec l’interprète de La Môme et vous l’avez prénommé Marcel… Alors ? »

Troisième qualité : sa mise en scène. Froide voire glaciale, elle tire merveilleusement parti de ses décors pour peindre le portrait d’un psychopathe qui n’est pourtant jamais ou presque montré comme tel. Policier brillant mais être humain dramatiquement inadapté, il apparait davantage comme un être dysfonctionnel qui aurait bugué à un moment M de son existence (l’adolescence ? Cf la terrible scène du repas chez les parents). On pense à Melville, on pense à Corneau (celui de Série Noire), on pense à la France là encore.

C’est beaucoup n’est-ce pas ? Et pourtant, si j’ai trouvé le film excellent, il me manque quelque chose pour être totalement emballé. Une carence (en émotion ?) ou au contraire un trop plein (de froideur, de distance) qui m’empêchent d’adhérer à 100%. M’enfin, je pinaille, c’est « de la belle ouvrage » (tiens encore une expression que je déteste) et je te le conseille chaudement. En parlant de ça, n’oublie pas de prendre une petite laine pour réchauffer ton petit cœur, il caille salement dans ce film.