L’amour est un crime parfait – critique

Professeur de littérature à l’université de Lausanne, Marc a la réputation de collectionner les aventures amoureuses avec ses étudiantes. Quelques jours après la disparition de la plus brillante d’entre elles qui était sa dernière conquête, il rencontre Anna qui cherche à en savoir plus sur sa belle-fille disparue… (Allocine.fr)

Lamour-est-un-crime-parfait-image-4
J’avais peur, après le four d’un film aussi coûteux et personnel que les Dernier Jours du Monde, que les Larrieu aient cédé au film de commande, passage obligé pour se racheter auprès des financiers avant de pouvoir à nouveau mener à bien un projet plus personnel. C’est ce que la bande-annonce laissait craindre. Un peu de nichons, un peu de meurtres, un peu de stars, un film plus sage, plus classique, plus Télérama-friendly et hop, c’est reparti.

L’Amour est un crime parfait remplit ce cahier des charges là. Partiellement : il est un film des Larrieu avant tout et c’est évidemment une très bonne nouvelle.

Ca démarre comme un Chabrol des familles : famille, justement, torve, opaque, bourgeoise, provinciale (ou Suisse, ce qui pour nous français équivaut à la même chose), ça ronronne gentiment. Des dialogues brillants laissent néanmoins poindre un potentiel déraillement ainsi que la singularité de l’entreprise.
Qui dévie donc, après une introduction un peu longuette. On se retrouve enfin en plein territoire Larrieu, avec un scénario qui évacue la dimension polar pour se concentrer sur son personnage principal, un homme, Mathieu Amalric de préférence, à la recherche de l’amour fou.
C’est la meilleur partie du film, celle, en son milieu, toute en dialogues/situations à la fois prosaïques et surréalistes, qui relie L’Amour est un crime parfait aux plus belles réussites des frangins, Un homme, un vrai ou Les Derniers jours du monde. On frise même le fantastique (Bunuel, l’Age d’Or, André Breton sont explicitement convoqués). J’aime beaucoup enfin la façon dont les Larrieu « utilisent » Almaric, leur acteur fétiche: séducteur, séduisant mais aussi fragile, lâche, « trop humain », vieillissant (le tour de rein qu’il se fait de manière ridicule avec Sara Forestier). L’acteur, parfois agaçant par son omniprésence ces dernières années, est ici magnifique. Et les dialogues, encore une fois, élégants, fins, drôles, sont un délice.

La résolution, en nécessaire raccrochage de wagons à une intrigue criminelle pour laquelle ils n’ont que peu d’intérêt, serait bâclée ? Oui, peut-être. Elle est en tout cas cohérente avec ce qui a été abordé juste avant, et avec ce qui les motive depuis toujours.

Je ne suis pas très inspiré pour en dire davantage. C’est un film dans lequel je me suis senti à l’aise, un univers familier, comme peuvent l’être les disques de Tellier, Katerine ou Burgalat, que l’on qualifiera volontiers de « décalé » je suppose. Et puis on est toujours plus indulgent lorsqu’on a finalement affaire à une bonne surprise alors qu’on s’attendait, sinon au pire, du moins à être déçu.

Un mot quand même sur le casting puisque c’est lui qui me faisait craindre le pire. Maïwenn est supportable, Sara Forestier encore mieux que ça. Karin Viard, déjà très à son aise dans Les Derniers jours… est parfaite. Podalydès apporte le savoir-faire bonhomme qu’on lui connait, en contre-point terre à terre de l’étrangeté environnante.

J’ai vu Le Loup de Wall Street aussi ce weekend. Je n’en parlerai pas en détail car j’arrive après la bataille et des tonnes de papiers très intéressants je suppose mais j’ai trouvé ça aussi drôle qu’effrayant. Un regard cruel, plus moral et moins ambigu que dans Les Affranchis et Casino. Beaucoup aimé.

Publicités

Le fervent lecteur

A la faveur de discussions autour de la littérature aperçues sur Facebook ces derniers jours, j’ai réalisé que je n’avais publié qu’un seul article dans la rubrique « Lectures ». Et pour parler d’une daube encore. C’te lose…

Non mais en vérité, je lis…
Je lis même peut-être trop.

Tous les mois : So Foot, So Film, Uncut, Mojo parfois. De moins en moins ce dernier. C’est à dire qu’au bout de la 46ème couve consacrée à Dylan/aux Beatles, j’en ai eu un tout petit peu ras le cul. Les mecs doivent sacrément regretter que Dylan ne soit pas un groupe d’ailleurs :  ils pourraient y consacrer 4 ou 5 fois plus de couves. En tout cas, malgré des papiers parfois formidables, c’est quand même un magazine de vieux con Mojo, il faut bien dire ce qui est.

Ca a l’air de rien mais ça prend du temps tout ça.

Tous les 3 mois, Schnock. Formidable Schnock ! Revue générationnelle s’il en est, qui réactive les souvenirs du chewing gum Spring Gum, des films de Joël Séria ou de la variété française pur jus. Menée par un transfuge de Tecknikart et par l’excellent Christophe Ernault aka Alister.

Je ne lis pratiquement plus de fiction. Pas le temps mais pas envie non plus. Les dernières en date, 3-4 romans de Nicolas Fargues. Pas génial, pas honteux, agréable en tout cas, sinon je me serais arrêté après le premier. Il se regarde un peu trop écrire mais parvient assez bien à saisir les turpitudes, exaltations, lâchetés et bassesses ordinaires de sa génération, qui se trouve également être la mienne. Notamment dans le bien nommé Roman de l’Eté, qui s’enquille idéalement et sans difficultés durant le pont du 15 août. Ceci dit là j’ai des envies de Balzac mais comme je songe carrément à toute la Comédie Humaine, je n’en lirai probablement aucun.

Dans l’immédiat j’ai quatre bouquins sur le feu. Dans l’ordre :

judd-apatow-comedie-mode-d-emploi-10285556xmngk

Road-movie--USA

bubblegum3d_s41dS2jbKFxL._SY300_
Dans l’ordre parce que les 2 premiers sont empruntés à la médiathèque municipale. Oui, je suis communiste.
J’essaierai d’en toucher 2 mots si j’ai le temps, histoire d’alimenter un peu cette rubrique.

#20 The Coral – Magic and Medicine

the coral_magic_and_medicine
Je l’ai déjà dit plusieurs fois je crois : The Coral fait partie de mes groupes contemporains préférés. Par « contemporain » j’entends « toujours en activité ». Quoiqu’en ce qui les concerne, on sait pas trop s’ils sont encore actifs en fait… Et c’est pareil pour un autre de mes groupes fétiches d’ailleurs, les Super Furry Animals.

J’aime absolument tout ce qu’ils ont enregistré. Mieux, je les fait entrer sans aucun doute dans la catégorie des groupes-frères, ceux qui me parlent comme peu le font et qui incarnent une sorte d’idéal, de groupe d’île déserte.

Magic and Medicine est leur album le plus abouti me semble-t-il, d’un point de vue « objectif » s’entend : c’est ce qui a tranché en sa faveur. Parce que si je dois refaire un choix demain, je pourrais choisir n’importe lequel de leurs 5 autres albums, y compris les 2 derniers. OK, le groupe a un peu perdu à la fois de sa délicatesse et de sa folie après le départ du guitariste Bill Ryder-Jones mais leur dernier album en date, The Butterfly House, continue d’écraser la concurrence du créneau retro-pop 60s sans forcer.

La Vie Rêvée de Walter Mitty – critique

Walter Mitty est un homme ordinaire, enfermé dans son quotidien, qui n’ose s’évader qu’à travers des rêves à la fois drôles et extravagants. Mais confronté à une difficulté dans sa vie professionnelle, Walter doit trouver le courage de passer à l’action dans le monde réel. Il embarque alors dans un périple incroyable, pour vivre une aventure bien plus riche que tout ce qu’il aurait pu imaginer jusqu’ici. Et qui devrait changer sa vie à jamais. (Allocine.fr)

Bon, je serai bref : Ben Stiller a jumpé le shark. Ca fait mal mais faut être honnête. C’est pas son Tchao Pantin non plus car le film n’est pas un drame : il reste sur le terrain de la fantaisie sentimentale mais il nous assène durant 2 heures une leçon de vie qu’il aurait parodiée il n’y a pas si longtemps.

Ben Stiller est donc plus grand que Kristen Wiig. OK.
Ben Stiller est donc plus grand que Kristen Wiig. OK.

Et encore, ça n’est pas tant le « message » délivré qui est gênant, plutôt la manière dont il est délivré. Long, sans aucun rythme, balourd, cliché, pompeux, Walter Mitty échoue dans à peu près tout ce qu’il tente – les scènes de comédie, les scènes sentimentales, les scènes fantasmées. Au début, on se force un peu à sourire, c’est Ben Stiller, merde… On se force à trouver ça mignon, c’est Kristen Wiig, merde… Mais on comprend assez vite que ça ne va pas l’effectuer. Et ça fait de la peine parce que c’est Ben Stiller/Kristen Wiig, merde…

Pire : ça agace. Ca monte crescendo, lentement mais sûrement, et ça trouve son apothéose dans la conclusion hautement prévisible mais pas moins édifiante pour autant du pseudo Mac Guffin (la découverte de la photo manquante) : Walter Mitty est d’une prétention assez détestable. Sans doute l’aurait-il moins été si Ben Stiller ne s’était pas attribué le rôle principal. En l’état c’est donc nul ET agaçant.

Mauvaise pioche donc pour mon premier film de 2014. Je compte sur les Larrieu bros pour rectifier le tir, malgré Maïwenn et Sara Forestier (L’Amour est un crime parfait). Il va falloir qu’ils fassent trrrrrrèèèès fort mais ils en sont capables.

Top 2013 – cinéma – les winners

Les films que j’ai aimés donc. A partir du numéro 8 je les aime vraiment beaucoup, difficile de les départager, à part le number one.

Petit aparté pour signaler que les dernières saisons de Breaking Bad et Eastbound and Down font clairement partie du très haut du panier des fictions audiovisuelles de cette année (Mad Men un ton en dessous en revanche mais je suis sûr que la dernière saison va tout péter).

Tu connais désormais le principe : des liens vers les critiques de ceux dont j’ai déjà parlé, quelques explications sur les autres.

#28 Le grand méchant loup

Oui, t’as raison, on peut dire que côté message, c’est pas le top du top même si je suis disposé à laisser aux auteurs le bénéfice du doute.
Il est bien là le problème : « les auteurs », Nicolas & Bruno, dont je suis extrêmement client. Pour resituer, ils sont les immortels créateurs du Message à caractère informatif dont je continue à citer très régulièrement et subrepticement des répliques au quotidien.  La Cogip, les cravate-moustache, le sosie de Francis Cabrel, les plans comptable prévisionnels débriefés autour d’un super potage à la machine à café, Jean-Patrick Ranu, les gros poutous, je m’en lasse pas même après toutes ces années. Là évidemment, on en est loin… Mais justement j’ai trouvé intéressant de chercher Nicolas & Bruno dans cette espèce de grosse comédie bourgeoise un peu malade, à la misanthropie suspecte. Ils sont dans certains choix (Valérie Donzelli dans un rôle important) dans les détails, parfois insignifiants, d’un dialogue ou d’une réplique, ou dans la direction artistique (une BO délicieusement pompidolienne, qui inclue par exemple la reprise du générique de 30 millions d’amis par Air, un caméo d’Arnaud Fleurent-Didier etc) plus que dans une intrigue plan-plan et une « morale » un peu désagréable (ok, « assez désagréable »). Je n’arrive pas à trouver ça mauvais, et j’ai bien ri à plusieurs reprises, tout simplement.

L'excellente Léa Drucker et un Fred Testot étonnamment moins catastrophique que d'ordinaire.
L’excellente Léa Drucker et un Fred Testot étonnamment moins catastrophique que d’ordinaire.


#27 100% cachemire

C’est à peu près la même chose :  je tiens Valérie Lemercier pour l’un des plus grands talents comiques français, sinon le plus grand et malgré un montage hasardeux, bancal, voire jem’enfoutiste, malgré Gilles Lelouche, malgré le happy end amené avec trop peu de subtilité, je ne veux retenir que les quelques très bons gags/répliques/situations.

#26 Effets secondaires

Un sympatoche quasi-nanard.

#25 Pacific Rim

Idem, dans un tout autre registre.

#24 After Earth

Will Smith est insupportable de rigidité compassée, son fils joue comme une patate et on est loin des plus belles réussites shyamalesques mais c’est évidemment sans comparaison avec le scandaleux Dernier maître de l’air. Déjà c’est une grosse machine hollywoodienne qui tient sur la présence de seulement 2 personnages, séparés l’un de l’autre pendant les 3/4 du film, rien que pour ça… Ca manque des fulgurances, aussi bien stylistiques qu’émotionnelles, auxquelles on a longtemps été habitués par le réalisateur mais ça fait du bien de le voir retrouver ses esprits. Et ça finit mieux que ça ne débute ce qui est toujours bon signe.

Bon alors évidemment, il faut être assez solide pour encaisser ce type d'esthétique...
Bon alors évidemment, il faut être assez solide pour encaisser ce type d’esthétique…


#23 Prince of Texas

Finalement, David Gordon Green, un temps neo-Terence Malick, semble nettement plus à son aise dans le registre comique accompagné par les barons actuels (Délire Express avec Seth Rogen et James Franco, Babysitter malgré lui avec Jonah Hill, Eastbound and Down, dont il a réalisé pas mal d’épisodes, avec Danny McBride). Ici, malgré Paul Rudd aka le-type-le-plus-sympa-du-monde©, on est davantage dans la chronique douce-amère. C’est moyen mais plutôt agréable. Emile Hirsch est excellent en revanche : à chaque fois je me dis que ce mec n’a rien et qu’il me gonfle, et à chaque fois je le trouve excellent (Into the Wild, Killer Joe, ici). Il y a beaucoup de gras dans ces quelques lignes.

#22 Elysium

Gentiment bourrin.

#21 Monstres Academy

Un peu trop sage peut-être mais bien.

#20 Les Miller, une famille en herbe

Que j’aime ces films…
Celui-ci n’est certes pas un indispensable du genre : sa résolution est un peu trop paresseuse et pas assez maligne mais le casting est impeccable, les situations bien propices aux dérapages (qui surviennent toujours) et les dialogues hilarants. Je trouve également touchant ce film gentiment trash qui apparait déjà un peu old school comparé aux géniales fulgurances de la génération Seth Rogen/Jonah Hill. Devant C’est la fin , Délire Express ou Observe and Report, on a l’impression de voir le nouvel humour, un humour 4.0, encore totalement inédit. Ici on est bien sûr devant un humour frère (ou plutôt « père » pour être précis) mais qui tournerait un peu au ralenti, qui aurait déjà quelques rhumatismes. Ca me touche. Comédien du milieu (plus vieux que ceux précédemment cités mais plus jeune que la génération des Stiller/Ferrell and co), Jason Sudeikis y trouve un véhicule parfait pour son talent humble et encore trop peu reconnu. A noter que le méchant est interprété par Tomer Sisley. Et que, c’est encore plus notable, ça roule passé l’effet de surprise.

Featuring Ron fucking Swanson et cette nana dont on sait jamais comment elle s'appelle
Featuring Ron fucking Swanson et cette nana dont on sait jamais comment elle s’appelle et qu’on s’en cogne


#19 Imogène

Chouette comédie indé.

#18 Le dernier pub avant la fin du monde

Frise le chef d’oeuvre granderemisesque avant de s’aplatir devant l’autel de la geekerie mais c’est déjà pas mal.

#17 Ma vie avec Liberace

Soderbergh au top de ses capacités.

#16 Jeune et jolie

Vaut beaucoup mieux que son enrobage pseudo-provoc le laisse entendre. Fait même partie des plus belles réussites d’Ozon (ce qui ne veut pas dire grand chose, on est d’accord).

#15 Spring Breakers

Film de petit malin tellement malin qu’il parvient à être plus brillant que malin mais film de petit malin quand même. Mais brillant.

#14 Les gamins

Inégal mais très sympathique et régulièrement très drôle. Je serai content de le revoir quand il sera diffusé un lundi soir sur M6.

#13 La reine des glaces

La très bonne surprise de la fin d’année. Visuellement, c’est une merveille absolue : quand la technologie et le talent parviennent à se mettre au service de l’inspiration, de l’élégance et du bon goût. Vraiment splendide. Après, ça parle de solitude, de notre place dans le monde, de fratrie, d’amour, de vie, de mort sur un mode léger mais jamais benêt, ça prend des tours inattendus, c’est malin, super mignon évidemment, c’est vraiment extra. On en oublie même l’inévitable médiocrité des chansons, c’est dire.

#12 20 ans d’écart

Super rom com à la française. Encore un film que j’aurai plaisir à revoir.

#11 16 ans ou presque

Un film cousin de Radiostarz ou Les gamins ie un film qui réussit à greffer la comédie US contemporaine sur un contexte très franco-français (ici la gauche caviar et intello-chiante). Un film proche du génial Old School – Retour à la fac, une de mes comédies favorites de tous les temps, qui dit que l’adolescence n’est jamais aussi belle que lorsqu’elle est vécue avec le recul et la complétude de l’âge adulte. Un faux-film pour ados donc mais un vrai film de trentenaires (d’ailleurs les ados présents dans la salle ne riaient pas du tout). C’est mal écrit, mal monté mais c’est vraiment très, très drôle et Laurent Lafitte confirme qu’il est un comédien à suivre de près. Il est évidemment beaucoup trop bien classé mais que veux tu, j’aime l’humour. A la passion.

Quand il a débarqué il y a quelques années, je pensais que Laurent Lafitte était le fils de Michel Leeb.
Quand il a débarqué il y a quelques années, je pensais que Laurent Lafitte était le fils de Michel Leeb.

#10 Michael Kohlaas

Un poil empesé peut-être mais fort et beau.

#9 L’inconnu du lac

C’est beau, voire très beau. Limpide dans ses intentions et son exécution. J’aime notamment le décor unique découpé en 4 (le lac, la plage, le bois, le parking). Il me manque pourtant quelque chose pour être aussi emballé que la critique. Mais je crois surtout que j’ai de plus en plus de mal avec les films parfaits.

#8 Möbius

Je suis très fan des Patriotes (comme tout le monde), j’ai beaucoup de sympathie pour Eric Rochant (comme tout le monde) mais malgré les quelques bonnes critiques, je n’y croyais pas plus que ça. Et j’avais tort car c’est vraiment très réussi. Un film d’espionnage sans action, tout en rapports tours à tours tendus et sensuels, qui réussit la prouesse d’être à la fois cérébral et touchant. Dujardin est excellent mais il a le beau rôle :  le mec viril, minéral et taciturne qui fait la gueule en permanence (ou presque…), on peut pas se rater. Cécile de France en revanche m’a bluffé : passer de coiffeuse popu chez les Dardenne à trader sophistiquée ici, avec en plus une telle nuances de comportements et d’émotions, eh ben bravo, tout simplement. Très beau film.

Qu'est-ce qu'ils deviennent les autres Nous C Nous ?
Qu’est-ce qu’ils deviennent les autres Nous C Nous ?


#7 Django Unchained

J’aimerais bien le revoir car il est sorti en tout début d’année mais c’était quand même assez génial.

#6 La fille du 14 juillet

Ca c’est vraiment formidable aussi. Un mix de Moullet, Rozier, Godard mais également Zidi et Pécas qui, surtout, ne force jamais aucune porte. De la même façon que les looks ou accessoires vintage s’intègrent parfaitement à l’époque (la notre), tout ici est naturel, semble aller de soi. C’est d’une liberté, d’une fantaisie, d’une énergie et d’une drôlerie oubliées par le cinéma français. Ca m’a également rappelé certains numéros de La grosse boule, l’émission animée à leurs tout débuts sur Canal Plus par le duo Edouard Baer/Ariel Wizman. En (beaucoup) plus fou et (beaucoup) moins poseur. Malgré la culture, évidente, et la précision des références, des costumes, des accessoires donc, tout semble gratuit, rien n’est calculé, c’est ça qui est formidable dans ce film… Il faut le voir !

Joyeusement anar, sexy et précis.


#5 2 automnes, 3 hivers

Difficile, très difficile de parler d’un film dont on se sent aussi proche. Par son ton, sa forme, ses préoccupations, ses personnages, des détails troublants parfois (souvent…). Le film de la génération-que-l’on-ne-nomme-pas dont je parlais dans un récent billet (la flemme de le retrouver), celle des 30-35 ans. En pendant filmique d’un Sébastien Tellier ou Philippe Katerine, Vincent Macaigne l’incarne à lui seul de manière magistrale. C’est un double de rêve qu’on a à la fois envie de garder pour soi et de faire connaître à tout le monde.

Vincent Macaigne, homme de l’année


#4 Inside Llewyn Davis

Granderemisque à fond.

#3 C’est la fin

Granderemisque fond à.

#2 Les coquillettes

Granderemisesque à donf.

#1 Mud

Rien à ajouter à ce que j’ai pu dire à sa sortie :  un genre de film total et idéal.

mud-600x280

Top 2013 – cinéma – les losers

J’ai vu encore moins de films en salles cette année qu’en 2012. Peut-être je vais arrêter le cinéma. On sait pas.

Voici en tout cas la 1ère moitié de mon top : les films que je n’ai pas aimés /que j’ai trouvés mauvais. Y en a nettement moins que dans la seconde à venir demain, ce qui prouve bien que je ne suis pas un mauvais bougre et que je dis « oui » à la vie.

Avec des liens vers les critiques de films publiées pendant l’année, quelques lignes sur les autres. Il est peut-être encore temps de poser une RTT si tu veux tout lire.

# 47 Tip Top

Plus qu’un mauvais film, un film profondément agaçant. Il avait pourtant tout pour me plaire (humour pas drôle/à froid, comique de situation, aplats de couleurs et ambiance blafarde à la Kaurismaki, mélange des genres). Problème : tout sent la pose, le volontarisme forcené. Et ça n’est pas le casting de stars venues s’encanailler (Kiberlain, Huppert) et de guests forcément inattendues (Sami Nacery chez Bozon !  Ouais mais c’est trop cool tu vois !) qui arrangent l’affaire. L’exact opposé de La fille du 14 juillet, au hasard, qui lui respire vraiment la liberté et le geste gratuit.

En fait, il est assez surestimé François Damiens.
En fait, il est assez surestimé François Damiens.

# 46 Albator

Ca ne m’a jamais intéressé et j’ai trouvé ça  visuellement moche et cacophonique. J’ai même eu un gros trou d’un bon quart d’heure au milieu, sans même avoir dormi. Costaud dans le genre.

# 45 Very Bad Trip 3

Aussi mauvais que le 1er est inépuisable.

# 44 Star Trek Into Darkness

J’ai de la sympathie pour JJ Abrams (j’adore Lost, j’ai beaucoup aimé Super 8, j’avais bien aimé le 1er volet) mais là c’est le prototype du blockbuster qui révulse les lecteurs de Télérama : une débauche indécente de moyens, un étalage hallucinant de pognon, au service de rien.

# 43 Machete Kills

Dans le premier volet, Rodriguez réalisait un vrai film de série Z, jubilatoire, violent, drôle, politique même, sous la grosse farce. Avec en argument Sopalin une starlette déchue et trash, Lindsay Lohan. Ici, il bénéficie d’un budget nettement plus conséquent et le montre à chaque plan. Résultat : moins de punchlines débiles, plus d’effets spéciaux inutiles. Avec cette fois Amber Heard, starlette montante et aseptisée. CQFD.

# 42 Quai d’Orsay

La bd a une telle réputation que je me suis laissé tenter. Au final, un film de vieux, pour les vieux : des gags d’un autre temps et d’un autre monde, un rythme arthritique, un propos dépassé. Les gens dans la salle, âgés en grande majorité, avaient l’air satisfaits. CQFD.

# 41 Happiness Therapy

Je sauverai la dernière séquence et la mignoncité de Jennifer Lawrence (davantage IRL que grimée façon middle class biatch) mais qu’est ce que c’est lourdingue nom de Dieu… La bipolarité pour les nuls. C’est toujours l’horreur absolue lorsqu’Hollywood essaie de digérer le cinéma d’auteur (ici Cassavetes, oui oui, sans charres) pour le recracher, pardon, le gerber, via un casting oscarisable et un scénario bien balisé. Et, ça va sans dire, une belle morale en guise de cerise sur le gâteau: c’est OK d’être fragile voire déséquilibré et tout et tout du moment que les billets verts sont au rendez-vous. God Bless America.

Cette photo n'a absolument pas été choisie au hasard.
Cette photo n’a absolument pas été choisie au hasard.

# 40 Lincoln

Über chiant.

# 39 Oblivion

Nuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuul.

# 38 Ma meilleure amie, ma soeur et moi

Frédéric Lopez likes this.

# 37 The Immigrant

Certes, j’ai vu peu de films et peut-être pas les meilleurs mais ça n’aurait pas changé la donne : je suis pas loin de trouver ça à chier. Un peu pub Shalimar, un peu saga télévisée type L’Amour en héritage (l’émotion en moins) et un peu trop Marion Cotillard. Non mais sans déconner… C’est pas possible cette fille. No can do. No es posible. Er det ikke muligt*. Je ne comprends pas. I don’t understand. Etc.

"T'es une belle personne, t'es vraiment une belle personne Ludo". Marion Cotillard in Les petits mouchoirs. Never forget.
« T’es une belle personne, t’es vraiment une belle personne Ludo ». Marion Cotillard in Les petits mouchoirs. Never forget.

# 36 Frances Ha

La version longue, moins tête à claques mais également moins intrigante, d’un épisode de Girls.

# 35 Passion

J’ai lu des choses passionnantes sur ce film mais je crois sincèrement qu’elles ne relèvent que de l’auto-persuasion. Alors oui, évidemment ce dernier quart d’heure remet un peu les pendules à l’heure avec du vrai, du grand cinéma. Mais jusque là, pfiou… Pas compliqué : jusqu’à ce qu’il décide de reprendre un peu les choses en main et dévier du scenario originel, Passion suit à la trace le Crime d’amour d’Alain Corneau (dont il est le remake). Et c’est d’une fadeur assez décourageante. Brian, je t’aime d’amour, bon nombre de tes films figurent dans mon panthéon personnel mais il faut bien s’y résoudre : désormais tu bandes mou.

# 34 Les stagiaires

Je pensais aimer, j’aurais aimé aimer, d’autant que le film m’a été puissamment vendu à plusieurs reprises mais non. Je ne dis pas que je n’ai pas trouvé ça parfois mignon (notamment dans le rapport entretenu par 2 générations contraintes de se comprendre pour réussir). Je ne dis pas que je n’ai pas aimé les constantes références de Vince Vaughn à Flashdance. Je ne dis pas qu’Owen Wilson n’a pas des cheveux super soyeux. Je ne dis pas que je ne suis pas amoureux de Rose Byrne. Mais je ne n’ai pas ri ou même souri à une seule reprise (bon, si, ok, durant la scène de Will Ferrell évidemment) ce qui est quand même un petit peu problématique. Shawn Levy, réalisateur notamment des 2 fadasses volets de La nuit au musée, est décidément un cinéaste horriblement… fadasse. Pas étonnant finalement de le voir diriger ce long et parfois édifiant spot de pub pour Google.

Lol ?
Lol ?


# 33 La vie d’Adèle

Trop de morve (manifestement une tendance Actor’s Studio en 2013, cf The Immigrant), de bolognese, d’huîtres, de préjugés débiles sur l’art et son univers. Je m’attendais à un tremblement de terre, j’ai eu droit à un pétard mouillé. Après, évidemment, c’est bien fichu, je dis pas.

# 32 The Bling Ring

Jeune et joli. Et un peu nul aussi, malheureusement.

# 31 Gravity

Aurait effectivement pu être mémorable si Cuaron avait un peu moins le melon.

# 30 Le Temps de l’Aventure

Moui… mais non.

# 29 40 ans, mode d’emploi

Grosse, très grosse, énorme déception puisque je suis un incommensurable fan de Judd Apatow. 2 gros problèmes ici selon moi: les dialogues manquent terriblement de ce mordant auquel le maître nous avait habitué. Encéphalogramme plat. Et surtout, terrible problème de réalisme/vraisemblance, appelle ça comme tu veux. C’est pourtant l’un des points forts d’Apatow. Ici, on marche sur la tête : la famille est endettée mais vit dans une maison-château avec immense jardin et piscine (il est quand même question de la vendre, ouf…), se vautre dans les I-pads, I-phones et autres gadgets technologiques, roule dans un énorme 4×4, organise une fête d’anniversaire à 50 000$, se tape un weekend dans un resort hyper luxueux (et commande TOUT ce qu’il y a de disponible sur la carte en room service, véridique !). Ca peut paraitre superficiel de s’arrêter à ce type de détails mais ils sont ici trop nombreux pour qu’ils soient laissés de côté. Après, évidemment, de belles scènes, très étirées comme toujours chez Apatow, de beaux seconds rôles (les 2 pères) et une scène de comédie géniale (celle ou Melissa McCarthy pète les plombs) mais c’est trop peu.

Apatow, Paul Rudd, un t-shirt Ween :  c'était pourtant gagné d'avance
Judd Apatow, Paul Rudd, un t-shirt Ween : c’était pourtant gagné d’avance
*C’est pas possible.