Les films du week end

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Complètement naze. Long, chiant, nébuleux… Nébuleux-naze en plus, nébuleux-« j’ai pas  tout bien compris mais en fait je veux pas savoir tellement je m’en fous », pas nébuleux-« mmmm je n’ai pas tout compris mais bons sang de bois, je vais chercher à savoir parce que je suis diablement intrigué! ». Parfois ridicule (le « havre de paix », franchement…). Sans intérêt en somme.

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Un beau film, indéniablement. Belle histoire, belles interprétations, belle mise en scène (très belle gestion des « temps morts » notamment, de l’attente, de l’hésitation). Avec de salutaires petites bouffées d’air frais comiques qui évitent au film de se prendre trop au sérieux.
Je n’ai pas été plus emporté que ça néanmoins pour 2 raisons purement subjectives.
Tout d’abord, ce postulat de départ (le coup de foudre, pour résumer) ne fonctionne jamais sur moi. 3 regards et demi échangés dans le train et c’est parti… Je n’y crois pas, c’est plus fort que moi.
Je n’adhère pas non plus à ce filmage « sensible et sensuel », gros plans, frémissement des corps, grain de la peau bla bla bla. Ca me gonfle tout simplement.
Bon et beau film donc, mais dont il ne me reste déjà pas grand chose, pour ne pas dire plus (ou moins… Enfin tu m’as compris). J’ai vu des choses autrement plus stimulantes en dévédé, j’en parle très bientôt.

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Curb Your Enthusiasm – Larry et son nombril, saisons 7 et 8

J’ai un peu fait le foufou dans mon précédent papier consacré à la série de Larry David en avançant que je pouvais bien en parler dès la fin de la saison 6 puisque tous les épisodes étaient absolument identiques.

J’ai fait le foufou parce que les saisons 7 et 8 du show révèlent non pas une évolution mais une rupture nette avec ce qui précède.
Il me sera difficile d’en parler plus en détails tellement cette rupture est liée à UN évènement bien précis dans la série. Je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher ton plaisir.

La saison 7, quoique sensiblement différente de celles qui précèdent donc, est la plus meta de toutes : elle est celle qui pousse le plus loin la mise en abyme du personnage de Larry, à un niveau proprement étourdissant et, toujours, génial (attention : mot clé). Rétrospectivement, et vu ce qui suit, elle aurait pu fournir une belle conclusion à la série.

Car la saison 8 m’a un peu laissé sur ma faim. Il serait sévère de parler de déception mais enfin…
L’action se déplace à New-York, ce qui est en soi on ne peut plus logique quand on connait le bonhomme, sa vie, son œuvre. Le problème c’est surtout qu’elle se ramifie trop, qu’elle multiplie trop les possibles, tout en n’ayant pas véritablement d’arc bien défini, perdant ainsi de son caractère monomaniaque et névrosé. Ce sont de menues réserves car la série balance toujours très régulièrement des fulgurances géniales, et le tout dernier épisode (qui pourrait être le series finale, le show n’ayant pour l’instant pas été officiellement renouvelée), mettant en scène un gamin neo-gay et Michael J Fox (ou plutôt la maladie de Parkinson de Michael J. Fox) est lui, intégralement, génial. Curb à son meilleur : inattendu, culotté et super drôle.

Bilan plus que positif donc sur l’intégrale. C’est un must see pour tout amateur de comédies qui se respecte.

Larry David le dit dans les bonus du DVD : on lui demande constamment s’il est dans la vraie vie comme dans la série et lui répond que dans la série, il est celui qu’il rêverait d’être. Comme je le disais dans mon précèdent papier, le Larry fictionnel est un super-héros du quotidien et de la vie en société. Il est le « social assassin » qu’on rêve tous d’être à un moment ou à un autre. Tout le contraire de Louis CK soit dit en passant, dont le show est sans doute celui qui se rapproche le plus de Curb : lui est un véritable inadapté social et il se met en scène dans sa version la plus looseuse, la plus cauchemardesque. Personne n’a envie d’être Louie tel qu’il se représente. Si c’est ton cas, c’est pas une bonne nouvelle pour toi mon vieux.

Je sais plus pourquoi je parle de ça… Ah oui : ce que je voulais dire, c’est que j’ai une admiration sans borne pour les gens qui me font rire. Will Ferrell, Ricky Gervais, Ben Stiller, Kristen WiigAndy Samberg même, il me tue ce mec, pour n’en citer que quelques uns… Ils sont de véritables héros pour moi. Pareil dans la vraie vie d’ailleurs, avec les personnes de mon entourage: j’admire les gens drôles.

Et il y a donc désormais un nouveau pensionnaire dans mon panthéon personnel : entre ici, Larry David.

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Effets secondaires – critique

tout est sur l'affiche en fait
tout est dans l’affiche en fait

Il y a une vingtaine d’année, le samedi, les 2èmes parties de soirée de TF1 étaient dévolues au désormais mythiques (?) téléfilms de la série Hollywood Night : des pseudo-polars pseudo-érotiques et pas pseudo-nanardesques du tout puisque c’était des vrais gros navets irregardables à jeun.

Leur version prude était quant à elle diffusée le jeudi soir, en 2ème ou 3ème partie de soirée : des thrillers ou polars pseudo-hitchcockiens, avec maris adultères, femmes manipulatrices (ou l’inverse), baby-sitters instables et meurtrières etc. Avec au générique de préférence d’anciennes gloires des meilleures séries de l’époque (entrez ici Shannen Doherty, Rob Estes et Lorenzo Lamas). Petite parenthèse pour finir cette longue introduction mais tu vas voir je sais très bien où je vais en te remémorant tout ça : au même moment, M6 était nettement plus pointu avec ses Jeudis de l’angoisse qui diffusaient régulièrement des De Palma, Argento ou Cronenberg (pas mal de bouses aussi, c’est vrai). Suivi de Rock Express ou Metal Express avec Laurence Romance. Puis les clips. Ah, veiller jusqu’à 4h du mat pour avoir l’extrême privilège de s’enquiller un clip de Blur, de Pulp, de Lush et de Beck… Là oui, je m’’égare.

Eh bien Effets secondaires c’est un peu l’ancien téléfilm ricain du jeudi soir sur TF1 mais version gros budget hollywoodien, c’est à dire avec acteurs prestigieux/glamours, réalisation classieuse, sous-texte pseudo-engagé : ici une grOOOOsse machination machiavélique à base de biatchs sans scrupules, une grOOOOsse histoire d’injustice avec innocent accusé à tort comme les ricains les aiment, un mic-mac industrialo-financier très 2013.

Je caricature. Un peu… Si peu… Ca aurait pu être un thriller prenant et édifiant mais le scénario ne sait pas s’arrêter : un vrai mille-feuille au final qui devient un peu trop rocambolesque pour rester convaincant jusqu’au bout. C’est dommage. Mais on passe quand même un bon moment car le côté Bosch de Soderbergh (« du travail de pro ») n’est plus à démontrer. A part ça, Jude Law est très bien mais perd de plus en plus ses cheveux, Rooney Mara a des jambes immondes et Catherine Zeta-Jones est officiellement devenue une MILF.

Voilà, j’ai fait le tour je crois.

#10 Beck – Odelay

Beck - Odelay

A une époque, à la fois pas très lointaine et qui semble appartenir à un monde parallèle, Beck était « l’homme le plus fort du monde » comme l’avait titré Technikart (qu’à ce moment là je lisais aussi passionnément que So Foot ou Uncut aujourd’hui). Et je trouvais qu’ils avaient sacrément raison. Le mec était en train d’enchaîner, comme ça, peinard, Odelay, Mutations et Midnight Vultures en l’espace de 4 ans. Boum, boum et boum.

En ce qui me concerne c’est couasiment une révolution : lorsque sort Mellow Gold, je suis VRAIMENT un connard d’indie-popeux arrogant, méprisant et surtout, très logiquement, assez chiant. T’écoutes de l’indie-pop essentiellement britannique, tu rêves de grisaille mancunienne : t’es chiant, y a pas débat. L’éclectisme était beaucoup moins de mise il y a 20 ans… Le mec qui se justifie, tsé.
Bon, quoiqu’il en soit, là-dessus débarque un petit blondinet californien qui t’explique que le folk c’est super cool, que la country c’est hype et que tiens, tu peux même rajouter un peu de soul et de hip-hop par-dessus, tu vas voir comme c’est bon.
Et en effet, c’est bon. C’est même TRES bon. Je m’en rends pas compte tout de suite, note : j’achète Mellow Gold, j’aime bien mais ça me fait pas sauter au plafond non plus. Même Odelay, j’accroche pas tout de suite. J’attends d’ailleurs un peu avant de l’acheter, je suis méfiant tu vois.

Cet été là je pars bosser en Irlande et on y entend Devil’s Haircut un peu partout : c’est ma porte d’entrée pour un album absolument génial qui pour moi synthétise à merveille la décomplexion (la bonne), l’ironie (avec malgré tout la capacité d’émerveillement), le second degré qui en fait n’en est pas vraiment (je viendrai d’ailleurs à Ween grâce à Beck qui soit-dit en passant, peut leur dire merci), le post-modernisme quoi, caractéristiques de l’époque. J’irai même plus loin : tout ce que je viens de décrire, les 90’s, sont dans le clip de Where It’s At, un des clips les plus cools de tous les temps.

Et puis la joie. La Joie! « Beck » suivi d’un point d’exclamation, ce chien totalement fou qui saute gaiment un obstacle… Si t’as l’occasion de choper ce show dans son intégralité par exemple, ou un show de la tournée Odelay, tu comprendras.

Beck, à ce moment là, c’est l’Amérique éternelle, celle de Steinbeck, John Ford, Dylan, Gram Parsons ou Prince mais à notre époque. Vivant. The Golden Age putain…. Il est logiquement devenu un compagnon, un de mes artistes fétiches jusqu’à la première moitié des années 2000.

Et puis plus rien, ou presque. Ses disques sont toujours intéressants mais je les trouve trop calculés, trop froids. Quand il essaie de réamorcer la pompe Odelay (sur Guero ou The Information), ça sonne faux, ça manque de spontanéité, de joie. Quand il se fait plus grave, ça ne marche pas non plus, il n’atteint pas les accents douloureux de Sea Change ou la mélancolie pop de Mutations. Modern Guilt est un bon album, c’est certain, mais je le trouve mortifère, sur le fond et surtout, sur la forme, ce qui me gêne davantage.

Aujourd’hui Beck est devenu un peu chiant en somme, un peu triste. Il est scientologue, il a les cheveux longs et ressemble à un bobo californien. Il produit (plutôt bien d’ailleurs) et n’a plus l’air très intéressé par sa propre carrière; il a l’air un peu perdu mais ça c’est sans doute mon interprétation…
Quoiqu’il en soit je reviens toujours aussi naturellement à Odelay. Et à ses 3 successeurs donc, qui auraient pu figurer dans ce classement. Mais non.

La session de rattrapage

Des films que je voulais voir depuis longtemps ou qui m’ont fait de l’oeil au video-club pendant que je cherchais des films que je voulais voir depuis longtemps.
Oui, je sais ce que tu penses: je loue des DVDs. C’est comme ça. Je suis trop flemmard pour paramétrer mes appareils afin de regarder sur ma TV ce que j’ai téléch acheté en ligne et les DVDs que j’achète… bah certains sont dans leur emballage depuis plus de 2 ans. C’est idiot mais c’est comme ça j’te dis.

Voici donc ce que j’ai regardé dernièrement :

Une soirée d’enfer – Take Me Home Tonight

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Genre de mix entre Une nuit au Roxbury (pour la bo et l’ambiance nostalgiques), Supergrave (pour la romance, le duo grande gueule/geek, gros/maigre) et les comédies de John Hughes. Mais ça ne fonctionne pas vraiment. On dit parfois à propos d’un joueur décevant au cours d’un match qu’il a « joué avec le frein à main » pour signifier qu’il était comme bridé, qu’il n’a pas réussi à se lâcher. C’est très exactement le sentiment que ce film m’a laissé : la fête n’est pas assez folle, la romance n’est pas assez émouvante, les gags ne sont pas assez drôles etc. Ca se regarde gentiment ceci dit (parce que je suis trop bon public pour ce genre de films) mais c’est très mineur et dispensable.

21 Jump Street

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Alors là oui ! C’est d’autant plus chouette que si le film se place évidemment d’emblée dans la lignée de la meilleure néo-comédie US, il arrive également à trouver sa petite musique à lui, avec un recul et un second degré permanents dont on avait un peu perdu l’habitude. On est presque dans de la post-néo-comédie. La présence au générique de Dave, le jeune frère de James Franco, est à ce titre révélatrice et symbolique. Jonah Hill est vraiment génial. On le savait mais putain, quel talent…

The Descendants

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Contre toute attente, j’ai beaucoup aimé, pour ne pas dire plus.

« Contre tout attente » parce que je n’apprécie pas beaucoup Alexander Payne, même si je lui reconnais un certain talent d’observateur de la classe moyenne quadra/quinqua. Mais pour moi il est une sorte de Coen bros sans le goût pour l’absurde ni le vertige métaphysique. Comprendre, au final, un type condescendant et assez désagréable qui se croit plus malin que tout et tout le monde, plus particulièrement ses personnages.
Ca démarre d’ailleurs comme je le craignais : il cadre ou coupe toujours ses plans de manière à ce que les protagonistes soient ridicules ou pathétiques. Et puis une scène en particulier (le dialogue en pleine nuit entre Clooney et le copain de sa fille) change la donne et fait basculer le film du côté du premier degré pur et de l’émotion. Il est ensuite étonnant de constater que Payne ne faiblit pas et que, sans jamais verser dans le sentimentalisme, il ose l’émotion. Mais non, il ne faiblit pas, jamais et tient son sujet jusqu’au bout. Ce personnage veuf cocufié n’est ainsi plus ridicule ou pathétique mais touchant.
Au final c’est, je pense, son meilleur film. Il m’a en tout cas beaucoup ému. Il m’a également rappelé que je souhaitais depuis longtemps m’initier à la musique traditionnelle hawaïenne : je m’y suis mis via la très belle bande originale et j’ai découvert des choses magnifiques dont je parlerai sans doute dans un autre billet.

The Big Year

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Très joli film ayant pour héros 3 ornithologues lancés dans une big year, soit une année civile durant laquelle ils vont chacun tâcher de comptabiliser le plus d’espèces d’oiseaux différentes en parcourant les États-Unis en long, en large et en travers.
C’est très fin, très subtil, très élégant. Encore meilleur que le précédent film du réal, le très sous-estimé Marley et moi, qui sous une apparence de comédie bêbête (arf), disait déjà des choses très justes sur le couple, la famille, les frustrations qu’ils génèrent potentiellement, l’accomplissement personnel. Excellent film, vraiment.

#9 The Beatles – Abbey Road

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« And in the end, the love you take is equal to the love you make. »

Là on est plus dans seulement dans le top 100 mais dans le top 10 voire 5. « Le crwème de le crwème » comme disent les états-uniens.

Et mon éternelle gratitude à celui ou celle qui pourra m’expliquer ce qui se passe à partir de You never give me your money jusqu’à The End. Parce qu’après plus de 20 ans d’écoutes, j’ai toujours pas compris.

Les coquillettes

les coquillettes - sophie letourneur
Film de l’année pour l’instant, haut la main. Rien à foutre si j’en ai vu que 3 ½, je pourrais en être à 52 que la conclusion serait la même.

A la nécessaire adhésion subjective, à l’empathie, que dis-je à l’identification extrême qui se noue ici (il s’agit là d’un film qui me parle autant que peuvent le faire Sébastien Tellier, Wes Anderson, Judd Apatow ou Raul Gonzalez Blanco) s’ajoute l’impression de voir se déployer de vrais, de beaux artifices de cinéma.

En effet, sous couvert de comédie parisiano-parisianiste, Letourneur fait preuve d’une maîtrise dans la mise en scène des dialogues et du récit absolument dingue. Paroles échangées, paroles rapportées, rapports de paroles échangées, sms, sms rapportés, histoires racontées, histoires qu’on se raconte à soi-même : tout ici se mêle avec une facilité et une fluidité déconcertantes. Les personnages sont croquées avec une précision et une justesse folles, parfois au détour d’un simple mot ou d’une simple attitude. Il est d’ailleurs, et bien évidemment, beaucoup question de détails: de ces mots, gestes ou actes parfois insignifiants, « joués » dans un cadre festif propice à la déréalisation, et qui semblent parés du pouvoir de « changer le cours de notre existence » pour paraphraser la réalisatrice.
Les 3 filles bien sûr, sont épatantes, chacune dans un registre très différent. J’ai particulièrement aimé Letourneur, personnage à la fois le plus touchant et le plus drôle (la cristallisation sur Louis Garrel, running gag génial et drôlissime).

C’est vraiment super quand le cinéma te donne ça. C’est con à dire parce que c’est une évidence mais « le cinéma c’est ce qui rend la vie plus belle que le cinéma » et tu ressors gonflé à bloc après un tel film.
Je n’ai maintenant qu’une envie : me ruer sur La vie au ranch et  Le marin masqué. Et bien évidemment, ajouter Sophie Letourneur à ma liste d’amis sur Facebook.